01/02/2013

Comment les menteurs génèrent les escrocs

Un ami a testé la méthode TIPI, qui soi-disant enlève toutes les peurs et phobies par reconnection à la mémoire sensorielle. Comme prévu suite au coup de fil donné à la thérapeute qui en outre est formatrice et superviseuse, c'est une véritable arnaque. Mais la question intéressante est : comment une telle arnaque a-t-elle pu se monter ? Sachant que ces thérapeute ne sont pas des voleurs dans l'âme et que leur intention n'est pas de voler les gens. Cela s'est fait clairement grâce au mensonge des patients. Il y a des gens qui répètent à l'envi (comme un certain B* propriétaire du forum P*) que se mentir à soi-même et aux autres en disant que tout va très bien, c'est dharmiquement une bonne chose. Ce que l'on voit en réalité, c'est que cela permet le foisonnement d'un nouveau type d'escroquerie dans le domaine des thérapies, tandis que tout le monde va en réalité de plus en plus mal (on prévoit qu'1 personne sur 2 aura le cancer, il ne faut pas me raconter que c'est un signe que tout va bien). On l'avait déjà subodoré avec la fasciathérapie : la thérapeute vue par mon ami souhaite tellement s'entendre dire qu'elle change la vie de ses patients que les patients qui veulent être bien traités ne peuvent pas lui dire autre chose, sous peine de la mettre de mauvaise humeur et de perdre leur argent. Pour TIPI c'est le même mécanisme. Il n'y a que les mauvais coucheurs qui avouent que ça n'a pas marché.

Comment ça se passe ? On vous demande de vous reconnecter à un souvenir très précis ayant déclenché par exemple une crise d'angoisse ou de phobie. Comme le sait toute personne qui a un peu médité, faire cela désactive le souvenir en question, car les vents se déplacent (ça marche aussi pour les choses positives). Pas la phobie bien sûr. C'est le principe du stade de génération. Par l'imagination créatrice, on déloge peu à peu tous les vents des endroits où ils sont coincés, l'idée étant de les ramener dans le canal central. S'ils n'y reviennent pas, ils vont simplement se coller ailleurs. C'est ce qui se passe avec TIPI, sauf que la personne ne s'en aperçoit pas tout de suite. Ce qu'elle voit tout de suite, c'est que la situation ne l'angoisse plus. Alors elle le dit au thérapeute, qui va faire des statistiques comme quoi sa méthode marche à 100%. Il est rare qu'une personne soit d'assez mauvaise composition pour rappeler une semaine plus tard, en disant que finalement le problème est réapparu ailleurs. L'administrateur du forum des agoraphobes l'a fait, il a eu droit à 3 sessions gratuites supplémentaires, ça n'a toujours pas marché, mais son cas apparemment n'a pas été pris en compte dans les statistiques.   

J'ai un ami "thérapeute" qui est victime du même mensonge sans le savoir. Tous ses clients, qui veulent être aimés de lui (qui ne veut pas être aimé de son thérapeute ?), lui disent que vraiment il est merveilleux, s'aperçoivent trois mois plus tard que ça n'est pas si génial, mais ne le disent pas, ils se contentent se cesser de prendre des RV sous des prétextes divers et variés. Lui-même est absolument certain que sa méthode est merveilleuse. Finalement, les thérapeutes ont le même problème que les rois, à qui tout le monde ment de peur de se faire couper la tête. Il me semble que dans toute formation de thérapeute, on devrait inclure une instruction fondamentale : chercher les indices du mensonge du client, afin de pouvoir mieux l'aider.

19:34 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je suis allé voir sur le site de la méthode et dans le principe ça n’a pas l’air si éloigné que ça de Janov. Par contre ils ont l’air de croire que le seul fait de se connecter au ressenti va chez tout le monde suffir automatiquement à accéder à la zone primale, du coup ils ne développent aucune méthode. Il semble clair que pour la majorité des gens la cuirasse physique et caractérielle est justement là pour empêcher que le ressenti actuel puisse se reconnecter si facilement avec un traumatisme originel, du coup il doit se passer ce que tu dis, le conflit est absorbé et dissipé par la cuirasse pour le voir sous l’angle psy.

Ca me rapelle The work de Byron Katie, où avec des questions est sensé se produire un retournement de l’esprit hors de la souffrance. Le truc louche c’est que le questionnement est clairement destiné à mettre le doigt sur notre dépendance au monde et aux autres et que bien mené on doit se retrouver en pleine zone de conflit primale (Je veux d'un besoin absolu/ je n’obtiendrais jamais) ce qui doit être un épisode assez intense et douloureux, au moins chez Janov c’est décris assez honnêtement sur ce point, sauf qu’au lieu de ça dans The Work, hop tout est réglé en un éclair si je me souviens bien.

Pour ceux que le déroulement un peu plus en détail que chez Janov des scéances primales intéresseraient, je suis tombé sur ce livre: http://xa.yimg.com/kq/groups/445529/1538645543/name/Facing%20the%20Wolf-Theresa%20Sheppard%20Alexander.pdf

Écrit par : Plouf | 10/03/2013

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