02/10/2013

Le sens de la religion chrétienne

Pour connaître la valeur d'une chose, il faut l'avoir comparée à d'autres. Par exemple, un arbre ne peut être dit ni petit ni grand tant qu'on ne l'a pas comparé à d'autres. Une vie ne peut être dite ni heureuse ni malheureuse si elle est son propre référent - c'est ainsi que beaucoup de gens peuvent se dire heureux, ne se comparant qu'à eux-mêmes.

Il en va de même pour la religion. Il n'est pas si facile de connaître la valeur d'une religion si on ne l'a pas comparée à d'autres. Souvent, le "croyant" se compare à l'athée, et se trouve infiniment supérieur, sans réaliser que, dans la plupart des cas, il est en train de comparer un arbre à un brin d'herbe. Il est déjà si fier de son arbre qu'il ne va pas chercher à le développer. Il en va de même pour tout, l'esprit humain étant constant dans ses réactions. Celui qui découvre une thérapie pensera avoir trouvé la meilleure au monde, celui qui découvre un Maître spirituel aura tendance à penser que c'est le meilleur, et ainsi de suite.

Pour ma part, si je n'avais pu comparer le christianisme aux autres religions, jamais je n'en aurais découvert les spécificités, et donc les richesses. Je serais resté comme la plupart de ces croyants qui restent dans une sorte de flou artistique, entre des ouvrages de théologie mal digérés et un catéchisme insipide. Mais qui n'ont finalement pas le moindre idée du pourquoi du comment. Qui s'imaginent éventuellement vivre des états mystiques dans leur cuisine parce qu'ils n'ont aucun modèle sérieux de ce que devrait être la progression vers Dieu.

La plupart des Saints n'ont jamais eu besoin de comprendre ce qui leur arrivait parce qu'ils sont en quelque sorte prédestinés, et qu'ils ont l'esprit disposé dans le bon sens dès la naissance - ou que leur esprit est modifié par une intervention surnaturelle en cours de route. Mais nous ne sommes pas comme eux, et si nous ne cherchons pas à savoir comment le christianisme a été conçu, nous allons passer à côté.

Par exemple, si l'on demande à un chrétien en quoi sa religion est supérieure au bouddhisme, il va répondre : parce qu'il y a une relation avec un Dieu, parce que dans le bouddhisme il n'y a pas d'âme. Rien de tout cela ne tient si l'on connaît le "vrai" bouddhisme. Je n'entrerai pas dans les détails, ce n'est pas l'objet de ce blog.

La principale différence entre le christianisme en le bouddhisme, c'est que le bouddhiste mène une ascèse lui permettant de se purifier lui-même. Par sa connaissance du corps subtil, il purifie ses canaux vents et gouttes, grâce à de savants exercices. Pour cela, il est nécessaire que sa conception soit juste, puisqu'il mène une action directe sur lui-même. S'il se trompe, il en subit les conséquences (cela peut-être la folie, la maladie ou la mort, puisqu'il touche aux fondements du fonctionnement du corps et de l'esprit). Le maître est là pour conférer à ses disciples des transmissions de pouvoir, qui vont leur donner l'énergie nécessaire pour pratiquer, et corriger leurs erreurs, puisqu'il n'y a pas de droit à l'erreur. L'autre conséquence, c'est qu'aider les autres sur ce chemin est coûteux en énergie. C'est comme le magnétiseur qui guérit les gens à partir de sa propre énergie. Il doit en avoir beaucoup, et s'il en donne trop, il tombe malade.

Le christianisme est constitué à l'opposé. Ce n'est pas nous qui nous changeons, c'est le Saint Esprit. L'ascèse chrétienne a donc un sens différent de l'ascèse bouddhiste. Il s'agit de faire des efforts pour prouver sa loyauté et sa détermination envers Dieu et son royaume. Dans le bouddhisme on va chercher à comprendre comment la colère s'élève, et chercher à la transmuter par exemple. Dans le christianisme, on va faire la promesse de se plus se mettre en colère. Pour ce faire, on utilisera certainement de mauvais moyens, mais ce faisant on priera pour être changé. L'effort que l'on fait sur soi-même, encore plus lorsqu'il s'agit d'un effort pour aider les autres, est la condition pour recevoir de l'aide, la preuve qu'on est vraiment décidé à devenir meilleur.

Il en découle un certain nombre de conséquences inconnues des croyants actuels (pour la plupart), dont l'optique est en réalité contaminée par l'athéisme. Prenons l'exemple des apôtres. Au bout de 3 ans avec Jésus, ils avaient finalement peu changé, puisque la plupart ont fait défection au moment critique. Ce qui les a vraiment transformés, c'est le Saint Esprit. De même, nous ne devons pas imaginer que nous allons nous améliorer par nous-mêmes (si l'on avait la moindre idée du chemin à parcourir, qui est bien décrit dans le bouddhisme, on oublierait instantanément cette prétention), en revanche, nous pouvons demander à être améliorés par la grâce de Dieu. Et pour l'obtenir, nous devons donner quelque chose en échange. Ce que nous donnons en échange, c'est notre néant, certes, mais ce n'est pas parce que ce n'est "rien" qu'il ne faut pas le donner. Ce que Dieu va considérer, c'est la bonne volonté, ni le résultat, ni ce qui est donné. Pour chaque acte de bonne volonté, il va nous récompenser. Non parce que nous le méritons, dans la mesure où n'étant rien par nous-mêmes, nous ne méritons rien, mais parce que nous voulons l'aimer, et qu'il ne désire rien d'autre de notre part.

Ensuite, il ne faut pas s'imaginer que la récompense consiste en bien matériels ou en bien-être ! La vraie récompense est celle qui nous permet de progresser spirituellement. Pour le commençant, cela consistera sans doute en arrangements matériels ou psychologiques qui vont lui donner confiance, mais pour le progressant, cela consistera en épreuves qui vont permettre de le purifier, afin qu'il devienne un instrument de Dieu pour le salut des autres.

http://voiemystique.free.fr/theologie_du_coeur_de_jesus_21.htm

14:22 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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