03/10/2013

Autoritarisme

Avant d'être chrétien, j'ai longtemps été bouddhiste - non du néo-bouddhisme sans Dieu ni principe personnel, mais du vrai bouddhisme, je n'entrerai pas dans les détails -. A supposer qu'il fût besoin de me conforter dans mon choix chrétien, j'ai récemment été informé de la "chute" vertigineuse d'un lama tibétain, un être céleste tombé du Ciel en Enfer vajra, malgré ses nombreuses qualités. Nul ne saura jamais ce qui a causé cette chute, tous ses détracteurs pointent du doigt une nature dépravée et une absence de vertus depuis l'origine. Pour ma part, je crois plutôt que la faute est au monde moderne qui ne permet plus d'emprunter certaines voies, ou du moins qui les rendent trop dangereuses.

Quoi qu'il en soit j'ai pu l'observer pendant de nombreuses années, et dans les derniers temps, je n'ai pu m'empêcher de noter un trait de caractère que j'ai noté aussi chez certains prêtres, c'est pour cette raison que j'en parle : il s'agit de la certitude de détenir la vérité au point que l'interlocuteur n'existe plus.

Lorsque je me souviens des déboires de mon ami Jean Matheos avec le Père Philippe Dautais et le Père Séraphin, c'est finalement cela qui me reste en mémoire. J'ai relu ses lettres, elles posent des questions pertinentes à mon sens. Le Père Philippe n'a même pas eu le courage de répondre quelque chose de sensé. Quant au Père Séraphin, il lui a répondu en substance qu'il manquait d'humilité. Mais vraiment, je me demande à quoi sert de dire une chose pareille ? Même si c'est vrai (nous manquons tous d'humilité de toutes façons), on a bien le sentiment que c'est pour discréditer les questions. La conséquence, c'est que JM a abandonné le catéchuménat, découragé par l'incompréhension générale, et qu'il est retourné au bouddhisme. N'était-il pas plus approprié de faire face ? Qu'aurait-il coûté de dire "Oui j'ai commis une erreur, oui le mépris des laïcs existe, l'Eglise n'est pas parfaite, beaucoup de pharisiens s'y réfugient, mais Dieu nous aime, gardez courage il vous viendra en aide". Quelque chose du genre. Mais non. Il est hors de question de reconnaître qu'il existe le moindre problème dans l'Eglise. Peut-être qu'il est souhaitable de se montrer désagréable avec le novice et de lui rendre la vie difficile, mais si l'on commence à faire cela avec le catéchumène, alors très rapidement il n'y en aura plus du tout, surtout si l'on considère leur motivation délirante. Si notre nouveau prêtre se comportait comme le Père Séraphin, il viderait sa paroisse en quelques semaines.

Il ne s'agit pas d'être tiède. Il s'agit de montrer aux gens que Dieu les aime, pas de loin mais de près. Ce n'est pas en clamant qu'on détient la vérité et qu'ils sont dans l'erreur que ça va marcher. C'est plutôt, je pense, en les incitant à faire un petit pas vers Dieu, confiant que ce dernier fera un grand pas vers eux en réponse, et qu'ils seront de la sorte encouragés à faire un deuxième pas. Ce n'est pas à nous de convertir les pécheurs, c'est au Saint Esprit.

Mes amis ont fait un certain acte de confiance en acceptant de quitter leur petite vie pépère afin d'assurer à leur enfant une vie loin du bruit et de la pollution parisienne, car ils veulent le meilleur pour elle. Quelle fut la première réaction du Père Philippe ? "Mais de quoi allez-vous vivre malheureux !". Quant à moi il m'a dit qu'il n'était nul besoin de souffrir pour être un bon chrétien. Je ne sais pas sur quelle planète il habite, sans doute une planète où Jésus a vécu toute sa vie dans le confort, et où il s'est transformé en corps de gloire par la joie de vivre dans l'abondance. J'en déduis que sur sa planète, il n'y a jamais eu de péché originel, il n'y a ni maladie, ni vieillesse, ni mort (mais peut-être quelques problèmes financiers...). Bienheureux Père Philippe !

J'ai eu récemment une mésaventure d'un genre assez identique avec un certain Père Francis, qui a tenu absolument à me faire entrer dans ses vues alors que je n'étais même pas venu lui demander conseil (mon erreur, sans doute, mais je ne demanderai jamais conseil à un moderniste). Il a décidé de ce que je devrais faire, et quand je lui ai fait remarquer que ses conseils venaient d'une personne qui avait sur Saint Joseph une vision dont le surnaturel avait été totalement évacué, il a campé sur ses positions, du haut de son auguste savoir, avec une façon très subtile de montrer un mépris total de son interlocuteur.

Pour le lama dont j'ai parlé plus haut, j'ai constaté que l'autoritarisme était le signe qu'il était déjà en enfer. Dans la religion chrétienne, il est certain que Jésus peut sauver tous ceux dont le repentir est sincère, mais encore faudrait-il que la faute soit reconnue ? Quoi qu'il en soit, il est dit bien souvent qu'aux prêtres qui perdent des âmes par leur propre faute, il sera demandé des comptes.

12:21 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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