03/10/2013

Motivation

Contrairement aux autres religions, le christianisme donne la possibilité à n'importe qui de devenir saint uniquement en le demandant (et bien sûr en s'acquittant de ce qui est demandé en échange), cela dit peu le souhaitent au final. Je suis tombé sur ce blog fort intéressant, un blog comme on voudrait en trouver plus (et si vous en connaissez, merci de me les indiquer), un blog de réflexion personnelle intelligente de quelqu'un qui examine sa vie quotidienne à la lumière des Ecritures. Cependant on a le sentiment qu'il ne va pas devenir un saint - je dis cela simplement au regard de ce qu'il écrit, maintenant il se peut qu'il n'écrive pas le plus important, et qu'il expose là une certaine facette de lui-même qui ne parle pas de sa véritable aspiration. Je dis donc cela en supposant que son discours correspond à peu près à ce qu'il pense -. Au-delà de lui, je pense à de nombreux chrétiens sincères qui essaient de vivre leur foi du mieux qu'ils peuvent, mais qui, cependant, ne franchissent pas une certaine limite. Et je m'interroge sur ce qui fait qu'ils ne la franchissent pas.

J'ai l'impression que c'est le manque d'expériences qualifiées. Ceci n'est pas un terme chrétien car il n'existe pas dans le christianisme, pour cette raison que les chrétiens ne se sont jamais attachés à décrire avec précision les différentes étapes de la purification du corps subtil, qui conduisent au corps d'immortalité. Plus exactement, les choses ont été décrites de manière approximative, avec les 7 demeures de l'âme ou les différents degrés de l'oraison, ou encore les degrés de l'amour, mais comparé aux textes bouddhistes décrivant le même processus, c'est vraiment très peu. Car il faut bien dire qu'une description très claire du processus, du point de vue du corps subtil, permet de le retrouver dans toutes les traditions. Ce qui change, c'est le contenu des visions, et bien sûr les méthodes, mais les étapes de purification du contenant sont les mêmes. Les mêmes signes sont décrits par tous les mystiques, et faciles à repérer pour qui en a connaissance.

Ce sont ces signes-là qu'on ne retrouve pas chez les chrétiens dont je parle plus haut. Ils ont certaines expériences de Dieu, mais elles ne sont pas qualifiées, au sens où elles n'induisent pas une certaine réaction conduisant à repousser graduellement toutes les limites. J'ai eu moi-même de ces expériences non qualifiées (qui sont d'ailleurs les plus fortes), mais j'ai pu noter qu'elles ne conduisent pas à une accentuation de la demande envers Dieu. En revanche, il existe un autre type d'expériences qui y conduit clairement. Elles ne sont pas exceptionnelles, mais elles sont cumulatives, et surtout elles laissent toujours plus insatisfait. A savoir que ce qui est donné montre surtout ce qui est manquant. Imaginez une personne qui meurt de soif mais qui est endormie. Si on la réveille et qu'on lui donne trois litres d'eau, elle va tout boire et n'aura plus soif, elle pourra même se rendormir jusqu'à la prochaine fois. Si on lui donne un demi-verre d'eau, elle va commencer à courir partout pour trouver plus d'eau. La plupart des "bons" chrétiens me semblent recevoir une carafe d'eau de temps en temps, et ne pas sentir le manque le reste du temps. Car s'ils le sentaient, ils ne resteraient pas en place. Ce n'est pas une question de caractère à mon avis, je pense que n'importe qui dans cette situation ferait la même chose. Mais peu de gens se retrouvent dans cette situation de manque parce que leur corps subtil n'est pas construit pour leur donner ce type d'expériences (qui sont dites "qualifiées" dans la terminologie bouddhiste).

A celui qui demande, il est donné, mais encore faut-il demander, et si l'on ne se sent pas dans le besoin, il n'y a aucune raison de demander. Hier, une amie me disait que lorsque tout va mal, elle pense à Dieu, mais quand tout va bien, elle n'y pense plus. C'est quelque chose que j'ai souvent entendu, et que j'ai du mal à comprendre. Pour moi, quand tout va mal, tout va bien en quelque sorte, car Dieu est facile à toucher. Quand tout va bien par contre, c'est l'enfer, et c'est là que tout va vraiment mal de mon point de vue. Trouver Dieu dans la sécurité et le bien-être, voilà qui est vraiment difficile.

Tout cela pour dire qu'il existe des méthodes pour développer en soi le désir de Dieu au point d'envier les martyrs (je ne parle pas encore de prendre son billet d'avion pour aller prêcher en Afghanistan, mais simplement d'envier les martyrs depuis le fond de son lit, ce qui déjà est une première étape, dont l'efficience se vérifie par le fait qu'on est content quand on souffre), mais ce sujet me ferait entrer dans des considérations trop complexes. Il s'agissait plutôt de signaler que s'il existait dans la tradition chrétienne un manuel permettant de catégoriser les expériences, il serait plus facile à chacun de voir où il se situe sur le chemin de la purification. Peut-être que je devrais l'écrire, mais il faudrait aussi indiquer la méthode et tout le reste, c'est beaucoup de travail pour n'être lu par personne.

14:20 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.