04/10/2013

Rôle du Père Spirituel

On en parle plus volontiers dans l'Orthodoxie que dans le Catholicisme, il paraît cependant certain que cette fonction est nécessaire. En effet, le Père Spirituel, c'est celui qui prie pour nous jusqu'à ce que nous soyons capables de prier nous-mêmes.

Qu'est-ce que prier pour une âme ? En premier lieu, c'est prier pour que le Saint Esprit, et plus généralement les êtres du royaume surnaturel, viennent la transformer en sorte qu'elle devienne apte à percevoir les réalités spirituelles, à aimer Dieu et à à discerner ce qu'Il veut pour elle. 

Et la liberté dans tout ça me dira-t-on ?

On nous a tellement rebattu les oreilles avec la "liberté", cette soi-disant faculté de choisir le Bien sans être influencé de la moindre manière, qu'on finit par entendre dire partout que la "foi" consiste à avoir confiance en quelque chose qu'on ne perçoit en aucune façon et dont on n'a pas la moindre preuve de l'existence, simplement parce que quelqu'un d'autre nous dit que c'est bien. Mais cela, c'est au mieux, une "croyance correcte" (si on a de la chance), et au pire, de la bêtise. Combien de gens ne font-ils pas n'importe quoi parce qu'ils ont cru ce que quelqu'un d'autre leur disait ? Si on dit à un petit enfant de se jeter sous une voiture, il va le faire. Où est sa liberté ? En quoi l'adulte est-il différent ?

Un adulte, c'est quelqu'un qui a appris à connaître un petit peu le monde matériel. On ne voit pas en quoi cela lui donnerait la moindre connaissance du monde spirituel dont les lois sont quasiment à l'opposé. Dans ce domaine il est exactement semblable à un petit enfant. La preuve, c'est qu'il est prêt à croire n'importe quel faux-gourou, ceux qui promettent le salut à peu de frais, aussi bien que ceux qui donnent des "états" de félicité illusoires, qui deviennent comme une drogue pour ceux qui les expérimentent. Comme je le signalais dans un autre post, un des courants les plus à la mode actuellement conduit les âmes à une forme de désincarnation partielle qui leur donne un certain goût de paix et de félicité pour soi, celui précisément qui est goûté dans l'au-delà des âmes ayant une faible connaissance de Dieu voire aucune, et qui doivent se réincarner des milliers de fois pour progresser un tant soit peu. D'autres sortes de courants à la mode font la promotion de gourous indiens (comme Amma) qui donnent un peu de "shakti" en échange d'un esclavage partiel ou complet. Quant à la vraie religion, elle est promue le plus souvent par des prêtres qui n'y croient plus, ou plus qu'à moitié. On ne voit pas où est la liberté des gens, qui dans ces conditions n'ont pas d'autre possibilité que de suivre leurs tendances, la plupart étant dénués de raison. Et même pour ceux qui ont encore l'usage de leur raison, il est faux que la raison puisse conduire à la foi ainsi que l'ont cru beaucoup de docteurs de l'Eglise.

La foi est une grâce, qui est donnée soit par prédestination, soit parce que quelqu'un aura prié pour nous, soit parce qu'on l'aura recherchée activement, soit... Mais quoi qu'on en pense, elle ne va pas de soi, car elle relève de la perception (plus ou moins obscure) du monde intelligible, qui n'est pas le fait de la raison mais de l'Intellect, au sens noble. Cette perception dépend de l'état de notre corps subtil, et c'est ici qu'intervient le Père Spirituel. Premièrement en nous communiquant sa foi (l'esprit humain se modèle par mimétisme), deuxièmement en priant l'Esprit de Dieu de venir nous transformer.

Etant donné l'individualisme qui règne actuellement, on imagine aisément que presque personne ne veut de cela, les gens préfèrent garder la "liberté" de mener leur vie comme ils l'entendent sans avoir à se soumettre aux ordres d'un Dieu qu'ils ne voient même pas. Tout cela vient d'une conception complètement fausse, qu'aucune considération ne peut changer. Si vous avez déjà été dans la position consistant à vouloir acquérir la foi (parce que la raison, ou une expérience minimale, vous aura montré que c'est ce qu'il y a de mieux pour vous) sans le pouvoir, vous savez de quoi je parle. En fait, rien ne peut donner la foi, sinon une modification de la configuration du corps subtil. On peut assister à tous les miracles du monde, si cette modification n'a pas lieu, cela n'est d'aucune utilité. Le vrai miracle, c'est précisément cette modification, qui permet l'émergence de la perception spirituelle (qui n'est pas la même chose que la perception énergétique, qui appartient à un monde intermédiaire entre le sensible et l'intelligible). La lumière incréée n'est pas du même domaine que le chi ou le prana.

Ce qu'il ressort de tout cela, c'est que si vous voulez convertir quelqu'un (sans parler d'être un Père spirituel, qui est un peu le cas extrême), cela ne se fera pas en s'adressant à sa raison ou à son bon sens. Il vous faut être un exemple, c'est-à-dire que vous devez avoir une vraie relation avec le monde spirituel, à partir de quoi vous pouvez commencer à indiquer à la personne comment s'y prendre : faire un pas vers Dieu en demandant à être éclairé, puis faire un second pas et ainsi de suite. Dans une telle entreprise, on n'est crédible que si on l'applique à soi-même. Ce qui compte c'est l'expérience directe de la grâce. Envoyer un athée à l'Eglise ou lui faire le catéchisme, ça ne marche pas, puisqu'il n'a aucune expérience. Il faut le mettre en situation de sentir qu'il se passe quelque chose, que "quelqu'un" dans le Ciel veille sur lui. Une fois qu'il l'aura constaté, il faudra lui expliquer que ce quelqu'un ne va pas passer tout son temps à lui arranger ses affaires, et qu'il attend aussi un certain nombre de choses. Etc. Dans tous les cas, cela doit correspondre à l'expérience de la personne, et si elle n'en a pas, la première chose à faire, c'est à prier pour qu'elle en ait.

Le Père spirituel, c'est un homme qui est lui-même suffisamment proche de la perfection pour être capable d'y conduire une autre âme, car il connaît le chemin et ses embûches.

14:18 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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