05/10/2013

Textes de la semaine (2)

19 novembre. Aujourd'hui après la Sainte communion, Jésus m'a dit combien Il désire visiter le cœur humain. « Je désire m'unir aux âmes, mon plus grand plaisir est de m'unir ; Sache ceci, Ma fille que lorsque je viens par la Sainte Communion jusqu'au cœur des hommes, J'ai les mains pleines de toutes sortes de Grâces que je désire transmettre aux âmes, mais les âmes ne font même pas attention à Moi. Elles Me laissent Seul et s'occupent d'autre chose. Comme cela M'attriste que les âmes n'aient pas compris l'amour. Elles se conduisent envers Moi comme une chose morte» J'ai répondu à Jésus : « Ô Trésor de mon cœur, unique objet de mon amour, et tout le délice de mon âme, je désire Vous adorer en mon cœur ainsi que Vous l'êtes sur le trône de Votre gloire éternelle. Je désire par mon amour, Vous dédommager, ne serait-ce qu'à peine, de la froideur d'un si grand nombre d'âmes. Jésus, voici mon cœur qui est pour Vous une demeure à laquelle nul autre n'a accès. Vous seul y reposez comme en un beau jardin. Ô mon Jésus, au revoir, je dois accomplir ma tâche, mais je Vous témoignerai mon amour envers Vous par un constant sacrifice. Je ne négligerai ni ne me permettrai en aucune façon de l'esquiver.»

 Petit Journal de Sainte Faustine.

Il a treize ans. Sa grand-mère bien-aimée vient de naître au ciel, son père devenu aveugle ne trouve plus d'emploi. Anastase décide de partir à la "Ville", à la fois pour ne plus être à charge à ses parents et pour étudier. Le cœur serré, sans un sou, un baluchon sur l'épaule, contenant une lettre de recommandation, ayant reçu la bénédiction de ses parents, il gagne le port. Il attend je ne sais quoi, un miracle sans doute, son premier miracle !

Il y a là, justement un bateau en partance pour Constantinople. Les mécaniciens s'affairent en vain, le moteur ne part pas ! Le capitaine qui a deviné la demande du jeune garçon lui crie du pont :
- C'est pour où, votre Grandeur ?
- Pour la Ville, monsieur.
- Ceux qui n'ont pas d'argent ne vont pas à la Ville.

Anastase ne répond pas. Il serre sur son cœur la croix de bois saint. Le moteur toussote. Le capitaine s'énerve, jure. Il cherche à comprendre ce qui se passe, quand son regard croise celui du jeune garçon. Les yeux d'Anastase sont remplis de larmes et brillent d'un éclat inhabituel, comme des veilleuses d'icônes. Le capitaine lui fait signe de monter sur le pont. D'un bond Anastase se trouve sur le bateau et d'un bond le moteur démarre, comme soulevé par une " force magique ".

Les matelots crient de joie. Anastase rend grâce au Seigneur. Il admire un paysage qu'il ne reverra jamais. Toute son enfance pauvre et heureuse défile devant ses yeux humides de larmes aussi salées que les embruns qui fouettent son visage. Comme Abraham, il va vers l'inconnu, vers sa terre profonde. À treize ans, seul au milieu d'inconnus, il prie. Le psaume 51 lui revient instinctivement aux lèvres : " Aie pitié de moi, Seigneur, selon ta grande bonté. "

À Constantinople, c'est la déception ! La lettre de recommandation d'un de ses oncles est inutile : Théodore Tselepis a quitté la Ville pour Odessa. Il sillonne la Ville, frappe à de nombreuses portes, il n'y a pas de travail pour lui. Enfin, il est embauché dans un atelier de tabac. Il doit se contenter pour tout salaire d'être nourri et logé. L'emballage du tabac terminé, il doit encore aller le livrer avec une charrette à bras, à travers toute la Ville. Harassé, moulu, il n'a plus le temps ni la force de prier convenablement. Quand il le peut, il se faufile dans une église et face au Christ Pantocrator de la coupole il prie : "Je tiens encore le coup, mon Jésus ! Regarde, je tiens encore ! Pourvu que ma mère n'apprenne pas que mon patron me bat, parce que moi, je tiens. Je ne veux pas qu'ils aient de la peine".

" Tout commencement est difficile, " lui avait dit son père ! Il en faisait l'expérience. Un jour, en passant devant l'ancienne église de la Très-pure, devenue mosquée aujourd'hui, il s'arrête et pleure. En pensant au cahier sur lequel il aimait écrire des phrases de l'Écriture et des sentences des Pères, l'idée lui vient d'écrire des sentences sur le papier d'emballage des cartons de tabac. Ainsi commencerait sa mission : Enseigner les voies du Seigneur aux sans loi. La joie de cette pensée lui donne des ailes. À partir de ce jour, il travaille avec tant d'ardeur et d'amour que le rendement de l'atelier est doublé, à la grande satisfaction du patron qui n'en reste pas moins renfrogné et méchant.

Le soir, en cachette, quand tout le monde est parti, il écrit avec beaucoup d'application sur le papier d'emballage : " Humilie-toi devant le Seigneur et il t'élèvera. " - " Si quelqu'un veut être le premier qu'il soit le dernier et le serviteur de tous. " - " N'estime pas trop l'homme, il est mortel. " - " L'orgueil entre dans le cœur par la porte de l'impiété et de l'ignorance… "

Le temps s'écoulait ainsi plus agréablement. L'hiver était arrivé. Ses vêtements et ses chaussures en piteux état, il avait froid. Un soir, plein de courage, il va trouver son patron dans son bureau pour lui demander des habits convenables. Il se fait rabrouer et insulter. Anastase se retire dans sa chambre et pleure toute la nuit. En songe, il voit le Christ Pantocrator, son Bien-aimé, qui lui demande la cause de ses larmes. Les sanglots l'empêchent de répondre. Réveillé, il se lève d'un bond, prend du papier, un crayon et écrit :

Mon Jésus, tu m'as demandé pourquoi je pleurais. Mes vêtements sont usés, mes chaussures sont usées, je suis pieds nus et je souffre. C'est l'hiver et j'ai froid. Hier soir, je suis allé le dire au patron et il m'a chassé. Il m'a dit d'écrire au village qu'on m'envoie ce qu'il faut. Mon Jésus, depuis que je travaille, je n'ai pas envoyé un sou à ma mère. Comment faire maintenant ? Comment vivre sans vêtements ? Je raccommode, je raccommode et ils se déchirent à nouveau. Pardonne-moi de t'importuner. Je me prosterne et je t'adore. " 
Ton serviteur Anastase.

Il met la lettre sous enveloppe et l'adresse ainsi : " À Notre Seigneur Jésus-Christ. Aux Cieux. "

À la pointe du jour, il court la poster avec cinq autres lettres de son patron. Au même moment, le voisin, Monsieur Thémistocle sort de son magasin :
- Où vas-tu à cette heure, Anastase ?
- À la poste, monsieur.
- J'y vais justement. Donne-moi tes lettres. Tu as froid, mon pauvre ? Retourne vite chez toi, tu vas attraper mal. "

En classant les lettres avec les siennes, Thémistocle est intrigué par celle qui est adressée à Notre Seigneur Jésus-Christ, aux Cieux ! Il l'ouvre, lit et la met précieusement dans sa poche, bouleversé par ces quelques lignes. Dans la semaine, Anastase reçoit un gros colis. Au-dessus des vêtements, des chaussures, du linge et d'une enveloppe contenant des drachmes, il découvre un carton avec ces mots bien calligraphiés : " Le Christ à Anastase."

Comblé de joie, il tombe à genoux et rend grâces du fond du cœur : "Mon Jésus, mon Christ aimé, je savais que tu aurais pitié de moi".

Mais sa joie est de courte durée. Quand son patron le voit arriver tout flambant neuf, il soupçonne quelque chose. Le saisissant au collet il commence à le battre jusqu'au sang, à coups de poing, à coups de pied. Anastase a beau le supplier à genoux, lui embrasser les mains et crier : " Je ne suis pas un voleur ", le patron continue de frapper.
- Où as-tu trouvé tout cela ?
- C'est le Christ qui me l'a envoyé, croyez-moi.
- Ah oui, le Christ ? attrape ça encore !
Alerté par les cris, le voisin arrive et explique tout au patron rouge de colère. Bien plus, il prend chez lui le petit serviteur du Christ, comme employé à son magasin.

 Vie et message de Saint Nectaire d'Egine. Roland Epin.

 

Offrande de la journée (de Sainte Thérèse de Lisieux)
Mon Dieu, je vous offre toutes les actions que je vais faire aujourd’hui, dans les intentions et pour la gloire du Cœur Sacré de Jésus ; je veux sanctifier les battements de mon cœur, mes pensées et mes œuvres les plus simples en les unissant à ses mérites infinis, et réparer mes fautes en les jetant dans la fournaise de son Amour miséricordieux.
Ô mon Dieu ! je vous demande pour moi et pour ceux qui me sont chers la grâce d’accomplir parfaitement votre sainte volonté, d’accepter pour votre Amour les joies et les peines de cette vie passagère afin que nous soyons un jour réunis dans les Cieux pendant toute l’éternité.
Ainsi soit-il.

14:17 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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