14/10/2013

Bouddhisme et terre promise

Ces derniers jours, je me demandais comment faisaient les bouddhistes (tibétains) pour réaliser la bouddhéité avec des conceptions aussi fausses. En effet, ils semblent considérer que tout est intrinsèquement présent dans l'état naturel de chaque personne - je parle des cinq lumières primordiales - alors que, ainsi que la kabbale nous l'explique, rien n'est présent. Au départ, nous sommes semblables à des animaux, et la nature du Bouddha (la lumière primordiale) n'est pas plus présente en nous que dans un chien. Pour ne rien arranger, le bouddhisme se fait un point d'honneur à nier l'existence de l'âme, qui est précisément le pont entre nous et la lumière primordiale (que l'on peut appeler Dieu). Il nie ensuite la nature personnelle de Dieu, afin que l'on n'ait pas l'idée de lui demander de l'aide, et il nie la capacité des bouddhas à transformer notre esprit, afin que nous n'ayons pas l'idée de leur demander de le faire : se débrouiller tout seul, c'est bien plus rigolo ! Il ne nie intrinsèquement pas la capacité du Maître à le faire, par contre les maîtres présents en Occident nient pouvoir le faire, en sorte que nous n'ayons pas l'idée de le leur demander.

On ne cesse donc de nous répéter que tout est spontanément présent dans l'état naturel, sans préciser qu'il ne s'agit pas du nôtre, mais de celui des bouddhas. Le nôtre est un véritable néant de qualités divines, et on pourrait le scruter pendant des millions d'années que cela n'y changerait rien. La lumière doit être transmise, d'une manière ou d'une autre. Les enseignements du dzogchen deviennent valables une fois que l'on a reçu d'un autre être la transmission de cette lumière (une fois que notre esprit est transformé de façon radicale, cela peut se faire de façon progressive ou en une seule fois). Sinon, c'est comme si on nous explique qu'en mettant de l'eau dans la machine à pain, il en sortira du pain.

Le bouddhisme tibétain décrit donc la structure de l'esprit, la méditation, les pratiques, avec le postulat que, quelque part, en cours de pratique, l'esprit sera radicalement transformé de l'extérieur. Mais il ne le dit pas, et fait comme si cela n'existait pas. Cette transformation mystérieusement produite par le maître (qui est l'objet des enseignements de la kabbale) n'est ni explicitée, ni examinée, ni rien du tout. C'est un objet totalement invisible, qui donne son sens à tous les enseignements. Sans cet objet, tout le bouddhisme s'écroule. Cela veut dire aussi que le jour où la chaîne est rompue, le bouddhisme disparaît, car personne n'a la moindre idée de comment constituer cet objet invisible et même pas identifié, si par malheur il cessait d'être transmis.

Les autres religions sont heureusement plus explicites, car elles expliquent comment se constituer une âme, c'est-à-dire comment fabriquer les réceptacles qui permettent de recevoir la lumière que nous n'avons pas à la base. Mais les enseignants bouddhistes jettent tout cela aux orties avec une prétention inimaginable, empêchant ainsi leurs étudiants occidentaux de progresser en quoi que ce soit, alors qu'eux-mêmes n'ont en réalité pas la moindre idée de la façon dont ils ont procédé. Ils nous expliquent comment fabriquer un bon pain avec de l'eau, sûrs de leur fait, parce qu'ils ne se sont jamais aperçus que quelqu'un était venu nuitamment mettre de la farine dans leur machine à pain. S'il est une chose constante dans l'esprit humain, c'est la bêtise.

Que chacun s'avise donc que, s'il existe une lumière divine qui a créé l'univers, les êtres ordinaires que nous sommes n'ont à la base aucun réceptacle qui leur permette de recevoir correctement cette lumière, qui se perd en nous comme comme un oued dans le désert. Il nous faut fabriquer des canalisations et des citernes, et planter des semences, afin que notre terre soit transformée en terre promise.

17:53 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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