22/10/2013

Les 5 niveaux de l'âme dans la kabbale

Je suis en train d'essayer de comprendre un peu comment fonctionne la "vraie" kabbale et je me rends compte que tout le monde raconte n'importe quoi. Tant que l'on s'en tient aux textes les plus autorisés (le Ari, le Baal Hasoulam, Rav Ashlag, et ce qui va avec) tout va bien. Par contre, en ce qui concerne les rabbins actuels qui fabriquent des vidéos et des tables rondes à la chaîne pour l'éducation du bon peuple (qui paraît-il est prêt à comprendre cette théorie qui doit être l'une des plus complexes du monde, puisqu'à la base, il s'agit d'un formalisme logique, à chacun d'arriver à le remplir avec de la substance), ça commence déjà à bien dévier, car on n'arrive plus à faire sens de ce qu'ils disent sans les sources. Si l'on cherche la définition des 5 niveaux de l'âme ou le sens des Sephiroth, on peut courir pour avoir quelque chose de clair. Normal, ils ne l'ont pas expérimenté, même s'ils prétendent le contraire. Et puis alors quand on va chercher les articles de vulgarisation, aïe aïe aïe... ça devient absolument n'importe quoi. L'autre jour, sur un site très bien de sa personne, j'ai appris qu'il y avait des créatures en Atzilut. Si si.

Voici un schéma d'Ibn Arabi indiquant les différents niveaux spirituels, même s'il est musulman, toutes les traditions ont la même gradation :

cercles.jpg

A partir de là, on peut établir une correspondance simple :

Monde phénoménal : assiah
Monde imaginal (celui des anges) : yetzirah
Monde spiriuel (intelligible) : briah
Monde de l'unicité : atzilut

Ensuite voici les sottises qu'on trouve dans wikipedia, au sujet de l'âme :

  • Nefesh, qui correspond à l'âme animale, le siège des fonctions physiologiques (respiration, circulation, digestion, excrétion) et également de l'instinct de reproduction.
  • Ruah, qui correspond à l'âme émotionnelle, le siège des sentiments (amour, haine, joie, colère, envie).
  • Neshama, qui correspond à l'âme intellectuelle, le siège de l'intelligence et de la raison. Ce niveau est relié directement à la source divine, et contient l'étincelle divine que chacun a reçu lors de sa naissance.
  • Haya, la vivante, qui correspond à l'âme spirituelle, et relie l'esprit humain à la vie universelle en lui faisant prendre conscience de sa place parmi le Tout formé par la création.
  • Yehida, le niveau le plus élevé, que seuls quelques très rares prophètes ou initiés peuvent ressentir. Elle permet à l'esprit humain de fusionner avec Dieu, et d'atteindre le domaine de l'essence divine : l'Aïn-Sof, qui est inaccessible aux sens et à l'entendement.

Et voilà, impossible de plus rien comprendre, car tout s'est effondré de 3 niveaux.

En effet, ces cinq niveaux de l'âme correspondent au 5 mondes (le 5è étant celui de l'Unité et de l'essence divine chez Ibn Arabi). Nefesh correspond donc à tout ce qu'on peut développer dans le monde matériel. Ruah correspond à ce que l'on peut développer dans le monde imaginal (le monde angélique), Neshama correspond au monde intelligible.

Dans mon roman j'ai réussi je pense à retrouver les 10 sephiroth d'Assiah, ma conception de Daniel représentant je pense Kether d'Assiah, puisqu'après son intervention (chapitre 17 ou 18 saison 8), Ryndil a hérité d'une nouvelle âme qui semble correspondre à Ruah, c'est-à-dire qu'il change du tout au tout et ne vit plus au niveau du monde matériel, même s'il peut continuer à éplucher des patates.

Ruah n'a donc rien à voir avec les émotions au sens ordinaire, c'est une forme d'âme assez élevée (tout est relatif bien sûr), puisque c'est déjà vivre avec les anges. Certes, un très grand nombre de personnes prétendraient vivre avec les anges si on leur demandait si c'est le cas, mais soyons raisonnables. Pouvoir le faire suppose que la souffrance est vue comme une bonne chose. De fait, cette nouvelle âme permet d'envisager sereinement (et même avec joie) tout ce qui emplirait d'effroi une personne ordinaire. On n'est plus du tout dans le trip du bien-être, de se dire qu'on sera heureux aux Baléares, avec un peu plus d'argent, une meilleure santé ou moins de névroses, car on expérimente quotidiennement que la souffrance densifie cette nouvelle forme d'âme. Ce qui se passe dans Assiah, on s'en fiche pas mal, c'est perçu comme une écorce, quelque chose qui masque le vrai monde, qui ne dépend nullement des conditions matérielles.

En même temps, dans la hiérarchie totale, on voit que c'est encore très bas.

Chez les mystiques, on voit très bien ceux qui n'ont que Ruah, ou ceux qui ont Neshama (quoique normalement, ils passent de l'un à l'autre avec le temps, Ruah c'est le temps de leur jeunesse). Ceux qui n'ont que Ruah sont enflammés d'amour divin mais sont encore très humains. Ils ont beaucoup d'émotions très fortes qui passent leur temps à se transmuter en amour divin (en ce sens on peut dire que Ruah est liée aux émotions, mais pas comme le dit wikipedia !), parce qu'ils n'ont plus de cuirasse caractérielle, ils apprécient beaucoup de souffrir et ils voudraient voir tous leurs frères heureux. Ceux qui ont Neshama sont par contre très éloignés du monde humain, ils sont dans un univers totalement autre, de radiance divine extrêmement forte, c'est le lieu je pense des grands ravissements décrits par Thérèse d'Avila. Dans les biographies de certains Saints, on voit très bien le passage de l'un à l'autre.

Atzilut correspond à la 3è vision de thögal, le degré maximal des visions où le monde entier apparaît comme claire lumière analogique, champ infini de Bouddhas, et l'Ein Sof correspond à la 4è vision, résorption dans l'Essence.

22:28 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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