25/10/2013

Jésus est le Messie des Juifs, la preuve par dix

 
 Pour fabriquer le fameux « écran » qui nous permet de refléter la Lumière et la Félicité sans l’absorber dans notre vase défectueux, il n’y a pas trente six solutions à mon avis. Soit on essaye à « l’ancienne manière » de suivre une liste plus ou moins arbitraire de commandements (les 613 mistvoths par exemple) -sachant aux dire des rabbins eux-mêmes que c’est impossible sans le Messie- soit on essaye à force de yoga et d’ascèse d' inspiration orientale de régénérer son vase défectueux. L’expérience montre dans les deux cas qu’on aboutit vite à une voie de garage, car aucun procédé mécanique permet de réparer les vases brisés et d’en faire apparaître des nouveaux qui soient opérationnels.

 Par contre, il est possible d’imiter Jésus qui nous a donné un exemple, et ça c’est la voie assurée pour constituer son écran. En effet, qu’a fait Jésus « kabbalistiquement » parlant ? Il a tout reçu du Père et n’a certainement pas voulu « absorber » pour lui sa Lumière. Il a donc du faire un « tsimtsoum », une restriction en lui-même. Quelle restriction peut bien faire le Fils de Dieu ? Paradoxalement, tout simplement dire « oui » au projet que le Père a voulu pour lui et assumer tout ce que cela implique. Ce qui est différent d'une créature ordinaire. Ce projet, c’est de vivre la Passion afin de donner un exemple aux hommes qui existent dans le projet divin et dont la chute future est déjà connue pour qu’ils puissent réparer leur vase. Sinon ils en sont réduits à tenter tant bien que mal de suivre des listes de prescriptions ou de faire des yogas impossibles et compliqués. Ce projet est fait « de toute éternité », avant même l’apparition du monde, car la Trinité est consubstantielle à Dieu antérieurement  toute créature et à l'émergence de tout phénomène relatif.

C’est pour cette raison que la Passion n’a pas été une partie de plaisir, même pour le Fils de Dieu, c’est le moins qu’on puisse dire. L’incarnation signifie une « restriction » de la nature divine et parfaite du Père, puisque le Fils prend sur lui les « péchés du monde » et assume pour ainsi dire la misère humaine. Ce que les orthodoxes appellent la « kénose », le fait que « le plus élevé » descende au niveau « le plus bas », qu’il faille descendre aux enfers pour que la résurrection puisse avoir lieu. En termes de kabbale, cela veut dire que « Keter » (la couronne) descend au niveau de « malkhut » (le royaume) pour mieux remonter ensuite (ce qu’on appelle la « correction » à partir des « reshimot », le « souvenir » de la Lumière originelle laissée dans les écorces ou klipot). C’est cela qui permet la « remontée » et l’incorporation progressive des cinq Lumières de l’âme pour que l’homme soit « sauvé », qu’il retrouve son intégrité et la plénitude de ses moyens. Je dis ça de façon très simple mais tout est détaillé dans le formalisme kabbalistique, avec des noms très précis pour chaque réalité selon qu'elle se trouve en telle ou telle phase.

 Si on refuse de voir cela, la kabbale se réduit à un formalisme logique plein de noms compliqués résumant toutes les étapes du processus, mais complètement vide de sens et de contenu. Sans la "kabbale secrète", la "kabbale révélée" ne sert à rien, qu'elle soit "prophétique" et méditative ou basée sur la méditation des écritures. Alors les « ésotéristes » de tout poil s’en emparent et se mettent à raconter absolument n’importe quoi, à tout inventer. Ils se demandent si Yetzira ou Atzilut sont peuplés de dinosaures, de mutants ou d’extra-terrestres, faute de concevoir correctement des relations inter-personnelles ! Normal car la nature n'aime pas le vide. Mais ce qui est difficile c'est d'avoir des exemples valides et parlant permettant d'illustrer des principes, pas de déduire les principes les uns des autres. Cela, un esprit clair et logique peut le faire, mais pour émettre des exemple utiles pour soi et les autres, il faut être vraiment inspiré, avoir le "saint esprit" avec soi. Et c'est là que le bât blesse la plupart du temps.


Parce qu’en définitive, l’émanation séphirotique (dont le statut a intrigué aussi les philosophes qui ont palabré à perte de vue sur le sujet, j’ai un énorme livre –Le portail des Cieux- qui fait plus de six cent pages, convoquant Platon, toutes sortes de traditions avec un fatras de références, mais au total rien n'est expliqué du tout et il n'y a aucun exemple !) ne désigne pas tant un ensemble de processus énergétiques (comme l’ont cru les fossoyeurs occidentaux de la kabbale qui ont sévi à la fin du XIXè siècle en l’assimilant à une sorte de système de magie) qu’un ensemble de relations censées être créer en son esprit pour substituer des apparences pures à celles qui sont contaminées (le fruit du péché). Ces relations sont désignées par le terme « partzufim » ce sont nos petits « bouddhas » privés qui apparaissent sur le chemin, les "êtres de connaissance" et "d’engagement" qui nous permettent de nous relier aux sphère supérieures et à Dieu, car conçues en partie selon ce modèle et non selon notre monde tombé en morceaux.

Etrangement, un kabbaliste actuel comme Laitman commentant le Baal HaSoulam écrit noir sur blanc que les « partzufim » sont juste des robots (c’est le terme employé) conçus par Dieu pour ramener l’homme au Créateur. Ils n’ont pas d’existence ni de conscience, pas plus que les anges. Alors que concevoir correctement les « partzufim » (avec « l’Ancien », la « grande face », la « petite face », le père, la mère) revient ni plus ni moins à restaurer tous les liens de la Famille humaine dans son propre microcosme.  

http://en.wikipedia.org/wiki/Partzufim

Or qu’est ce qui nous permet d'y parvenir ? L’incarnation du Fils en Malkhut a permis au processus de restauration de commencer vraiment, en donnant un exemple parfait. Le Fils en malkut représente la phase de Jésus enfant après les quatre phases représentant la "réflexion" de Dieu en lui-même pour faire aboutir son projet: se faire connaître et donner l'être à des créatures libres comme lui. Jésus « adulte » représente la phase associée à « Tipheret » l’émanation du « visage » et de la « Beauté » qui réside au cœur de la création et qui se dévoile lors de la Passion. La Couronne (keter » est redonnée lors de l’ascension à la « droite du Père ». On retrouve le « Père » en Keter, l’Esprit qui réunit le Père et le Fils en Tipheret et le Fils en Malkut. L’ensemble des irradiations divines pulsant de Lumières quinticolores (les cinq degrés de l’âme recomposée) est le signe du corps arc-en-ciel de Jésus, le Messie qui a permis aux lumières de la phase 2 d’entrer en action pour sauver ceux qui veulent bien l’être.

Lors de l’« ancienne alliance », les sephirot fonctionnent selon « l’ancienne loi », à savoir que l’attribut de rigueur (« din ») fonctionne à plein régime, suivant une loi d’airain. Les Noms divins associé aux attributs courroucés sont « Elohim Tsevaoth » et « Yahve tsevaoth » chargés de distribuer toutes sorte de « dins ». C’est l’aspect de « Dieu des armées et de la guerre » omniprésent dans l’Ancien Testament. Avec l’Incarnation, cet aspect de Din (en fait l’application rigoureuse de la loi de cause à effet) est atténué en raison de la Miséricorde du Père qui prend le dessus. Du coup l’attribut de la Mère de Dieu (« Din ») s’adoucit lui aussi, même si le potentiel de « Vierge noire » est encore là et sous-jacent. Il faut noter que l’aspect le plus courroucé du divin provient de la Mère et non du Père, contrairement à ce qu’on pourrait croire superficiellement. Le Père est essentiellement « Lumière directe » qui contient tous les possibles en « Hokhma » et Miséricorde en « Guedoulah », tandis que la Mère est d’abord Lumière englobante en Binah et Vierge toujours pure et parfaite en « Guevourah ».

Dans le roman de l’auteur de ce blog, toutes ces phases apparaissent très clairement dans les dernières actions en cours, depuis que le Père Keter (Daniel) a été conçu, que ses deux modalités « Shams » et « Ryndil » assumant « Hokhma » et « Binah » se sont dévoilées, que Ryndil est devenu semblable à la Sainte Vierge et que Shams acquiert une humilité parfaite en incorporant l’attribut de la créature (il prend conscience qu’il est pécheur et non « parfait de naissance » comme les anges). Dans la tradition tibétaine, les pratiques de la « dague adamantine » ont pour but de développer ce qui a trait à la « lumière directe » masculine et les pratiques associées à Tara vont développer la Lumière englobante et toutes ses variations. Les cinq familles ou « clans » de bouddha associées aux cinq sagesses primordiales et aux cinq manifestations lumineuses primordiales ne désignent pas tant des prodiges visionnaires que l’établissement de ces relations fondamentales entre les êtres. Les manifestations lumineuses sont le signe visible que l’esprit est bien en train de concevoir correctement et « spontanément » ces relations après un certain stade de pratique. C’est pour cela que les tiglés grandissent, se multiplient, s’organisent en réseaux, que des « forme » apparaissent progressivement à l’intérieur. Tout cela montre le développement continu des « partzufim » que notre microcosme vide au départ se remplit peu à peu d’êtres et de conscience.

Dans la tradition kabbalistique telle qu’elle est présentée au public, la même erreur est commise ici qu’ailleurs. On présente le processus comme une réalité objective qui va avoir lieu le jour où le Messie va enfin venir faire la correction. Mais le Messie est déjà venu. Il suffit d’appliquer les textes même de la kabbale avec la tradition chrétienne pour s’apercevoir que cela colle parfaitement ! Il est étonnant qu’à ma connaissance ce rapprochement (du point de vue des relations entre les êtres et non de bizarres méditations ésotériques) n’ait jamais été fait. Une fois établi, il donne une nouvelle évidence sous les yeux : ce qui permet de remplir le formalisme de la kabbale, c’est ni plus ni moins le cliché de la vie de Jésus. Ce qu’on savait déjà mais on en a comme une nouvelle preuve, dont l’évidence saute aux yeux. La méditer permet d’activer et de « remplir » ses sephirot qui sont dormants et d’acquérir l’écran. Certains rabbins avisés n’ont pas pu manquer de s’aviser de cette concordance, mais pour ne pas faire de vagues, ils préfèrent sans doute se taire, alors que la vérité est éclatante et splendide. 

22:14 Écrit par Jean Matheos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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