26/10/2013

Brisure des vases et correction (tikkun)

La théorie de la kabbale n'est pas bête quelque part, lorsqu'elle statue que c'est seulement de Malkut qu'on peut recevoir les lumières divines les plus grandes. C'est parfaitement logique et c'est aussi ce qu'on constate avec les Saints. Les tibétains disent aussi que c'est seulement avec un corps humain que l'on peut atteindre la claire lumière, ce qui explique que les anges soient sous ce rapport moins que les hommes, puisque comme ils sont en yetzirah, il leur manque un récipient.

Il est vrai que c'est le plus grand désir qui va permettre à la plus grande lumière de se manifester. Les kabbalistes disent : qui va attirer la plus grande lumière. Je dirais : qui va permettre la plus grande création. Pour autant, s'il y a une chose qui a disparu des gens qui habitent cette planète, c'est bien le désir. Et ça aussi c'est logique. Si le Kli est abîmé, il ne peut procurer aucune jouissance, et donc la personne n'a pas la moindre idée de ce que c'est. Comment pourrait-elle désirer ce dont elle n'a pas la moindre idée ? Cela dit ce n'est pas prévu comme ça au départ quand, selon les kabbalistes, Dieu a créé l'Adam HaRishon. En fait, ce dernier n'aurait pas dû essayer une seule seconde de recevoir la lumière divine directement, puisqu'il était fait par définition de tous les récipients ne pouvant recevoir directement la lumière divine. Autrement dit, il était fait pour devenir totalement créateur (c'est là qu'on voit que Dieu a été finalement drôlement intelligent dans son projet. Adam un peu moins). Mais il a voulu faire ce pour quoi il n'était pas fait, et il s'est brisé en milliers de morceaux. Pour les kabbalistes, le péché originel a simplement consisté à vouloir recevoir directement la lumière divine.

Quoi qu'il en soit, on se retrouve au final avec des zombies complètement anesthésiés, qui se contentent parfaitement de leur petite vie minable. Soi-disant que le désir de spiritualité est le plus grand, et que c'est celui qui se réveille à l'heure actuelle, mais je crois que ce qui se réveille ça n'est pas du tout le désir de spiritualité, c'est le désir de tranquillité. Demandez aux gens ce qu'ils veulent : "être tranquille", "être en paix". Très peu sont ceux qui disent "la jouissance absolue", et parmi ceux qui le disent, je n'en ai pas rencontré qui alliaient le geste à la parole. Ceux qui disent ceux-là sont souvent ceux qui ont pris des drogues, autrement dit ce sont rarement des gens qui s'illustrent par la puissance de leur volonté. Bref ce que veut tout le monde, c'est dormir. Le nec plus ultra étant d'être un mort-vivant (on dit un "libéré vivant").

Dès qu'on essaie de réveiller les gens, de leur procurer quelque sensation (condition sine qua non pour pouvoir jouir de quoi que ce soit), c'est la panique. Partout où on essaie de mettre le bazar en réveillant les consciences, on nous répond "mais non, tout va très bien, retournez dormir".

Il est certain que les premières sensations de celui qui se réveille d'un long sommeil sont les plus désagréables. Si vous vous réveillez d'un coma de 6 mois, vous allez devoir faire beaucoup de rééducation, et ce sera très pénible. J'en discutais hier avec E*, il est vrai qu'il est extrêmement difficile de reconnaître son désir (pourtant, ce n'est que le plus petit qui nous est accessible en premier lieu), car il en résulte une frustration immédiate. Et avant que l'esprit soit capable de créer le Kli qui permet d'être rempli (=avant d'être capable de se nourrir de son propre désir), il risque de se passer un certain temps. Pourtant il n'y a pas d'autre solution. Lorsque l'on est rempli directement, le plaisir cesse dès que le désir est assouvi. Par exemple, on a faim, on mange, c'est agréable quelques minutes, et ensuite on n'a plus de plaisir. Des bouddhistes peu avisés en ont déduit que ce qui rend malheureux, c'est le désir. Mais ce qui rend malheureux, c'est plutôt la structure de l'âme de l'Adam HaRishon, où chaque désir directement assouvi ne produit de plaisir que durant un temps très court. En revanche, si l'on fabrique le récipient adéquat, c'est le désir lui-même qui fournit le plaisir, donc plus le désir est grand, plus le plaisir est grand. Mais ça prend un peu de temps pour y arriver.

Du point de vue des canaux, il faut arriver à ouvrir (un peu) le noeud du coeur, à ce moment chaque désir se présente comme un ensemble de souffles vitaux qui entrent dans le coeur, et ils y entrent d'autant mieux qu'on parvient à les ré-émaner sous forme de lumière (ce que les kabbalistes appellent "jouir pour faire plaisir au Créateur"), ce qui produit quelque chose comme une louange, ou une "action de grâces", en langage chrétien. La "correction" à faire n'est donc pas simple. Il ne s'agit pas de se dire dans sa Ford intérieure que l'on va accepter la lumière divine pour faire plaisir au Créateur (=la version Michaël Laitman), il faut ouvrir le noeud du coeur et transformer les souffles entrants en lumière sortante. Comme transformation du corps subtil, ça n'est pas une mince affaire.

22:26 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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