25/10/2013

Devenir créateur (3)

Avant d'obtenir une représentation minimalement adéquate d'un Eloha (singulier d'Elohim) qui correspond, dirais-je, à Kether d'Assiah, il faut commencer tout en bas de l'échelle, et si j'avais connu la kabbale à cette époque j'aurais peut-être gagné un peu de temps. En effet, la chose est finalement très simple. Il nous faut trouver le personnage qui nous fascine le plus (qui représentera tous nos désirs inconscients), qui sera Malkut d'Assiah, et imaginer ce qui va pouvoir le compléter. De complétion en complétion, la nature du désir (donc du personnage) va changer. Plus exactement, d'autres désirs vont s'ajouter, qui appelleront d'autres créations et ainsi de suite, jusqu'au sommet de l'arbre. La seule figure qui pourra compléter l'arbre, c'est notre Eloha (notre Seigneur, comme dirait Ibn Arabi), sous sa forme la plus grossière certes, et on parvient en Yetzirah, où on obtient une nouvelle âme.

Pour moi, ceci se résume dans les saisons 6, 7, 8. Le personnage de base (Ryndil), comme on devrait s'y attendre, correspond à l'archétype de la condition déchue telle qu'on la trouve décrite dans la kabbale. C'est un vampire androgyne qui recherche la jouissance infinie, mais il est différent de l'homme ordinaire, dans la mesure où 1) il n'a pas l'intention de renoncer en se contentant de l'ordinaire 2) il se rend compte de ce qui lui manque : une âme. En effet, il consomme deux humains par semaine et n'en éprouve aucun remords, il est finalement comme un drogué qui se demande comment il va réussir sa cure de désintoxication, sachant qu'une cure réussie devra lui donner ce qu'il veut, sinon il n'a aucune raison de l'entreprendre. Il demande donc à brave type de lui donner son âme, et on peut dire qu'il obtient le premier niveau d'âme, nefesh, c'est-à-dire une certaine capacité d'empathie lui permettant de réaliser le mal qu'il fait. Cela dit, il ne peut pas s'empêcher de continuer et le sort fait qu'il est désintoxiqué de force (par un Saint, le Père François). Il obtient là un puissant écran parce qu'il souffre de la faim en permanence et commence à comprendre son malheur. Dans cette situation, il commence à se focaliser davantage sur les vraies valeur, et il commence à chercher une vraie relation, mais il n'en trouve pas à son niveau. A ce moment je change de personnage et j'en prends un qui est plus facile à compléter parce que beaucoup plus simple, Erik. Ce dernier trouve sa place dans une communauté d'elfes qui vivent dans une harmonie qui dépasse de loin toutes les utopies imaginées, l'ensemble paraît correspondre au niveau de tipheret.

Après quoi je reviens à Ryndil, qui se découvre une attirance passionnée pour les saints, au point qu'il retombe quelque peu dans son péché antérieur (quoique d'une façon moins grossière) et manque de briser son récipient (Kli), cf l'épisode avec Soeur Justine, qui est une copie de Sainte Faustine. Là, un Sheikh lui impose un nouvel écran, sous forme d'une étrange maladie qui le fait méditer un peu plus sur sa triste condition. De vallée de larmes en vallée de larmes, il identifie clairement son manque, et tombe sur un vrai maître, Shams. On obtient un masculin et un féminin, qui sont Hesed et Geburah. A ce point j'ai écrit 5 ou 6 chapitres qui n'ont jamais vu le jour parce qu'il s'est produit un saut quantique qui a perfectionné le disciple à tel point que Dieu s'est mis à lui parler directement. J'ai donc réécrit tous les chapitres en question sous le nouvel angle, le maître est devenu l'Ami, le disciple est devenu pure réceptivité, si bien que Dieu lui insuffle son esprit pour le transformer en Sophia (ou Marie). On obtient la triade du sommet, Binah, Hokmah, Kether.

Ryndil rebaptisée Maryam se trouve maintenant enceinte du Rédempteur prévu pour son peuple, et un dur chemin l'attend. Mais comme elle a obtenu une nouvelle âme, elle vit déjà dans le royaume spirituel, donc ça n'a rien à voir avec les situations antérieures. Dieu lui a donné des possibilités de jouissance infinie, mais elle n'est plus du genre à en abuser, on peut dire aussi qu'il les lui a données parce qu'il sait qu'elle n'en abusera pas, mais s'en servira pour le bien des êtres.

Je me retrouve donc avec un Eloha qui règne sur son ciel (Akanishta et les royaumes au-dessus), qui a donné un enfant divin à un couple angélique, et une armée de démons à convertir. Je ne sais pas ce qui va arriver, mais il y a des chances que le chef des démons soit un déchu d'Akanishta, le premier fils de Daniel par exemple. Ce dernier a d'ailleurs une fille que Ryndil a réussi à sauver de la damnation par un acte héroïque, c'est ce qui lui a valu d'être choisi pour devenir la mère du Rédempteur. Tout l'épisode ayant été inspiré par une anecdote de Game of Thrones, où le 13è Lord Commander du Mur poursuit une "Autre" (les créatures aux yeux bleus) de ses assiduités et perd son âme. Sauf que dans mon histoire, c'est l'Autre qui est convertie, grâce au sacrifice consenti par Ryndil, qui ne lui donne pas ce qu'elle veut (un enfant), mais ce dont elle a besoin (une victime, lui-même).

En effet, le principe du roman dharmique, c'est qu'il n'y a pas de Deus ex machina, même quand Dieu intervient. Les gens ne se convertissent ni ne se purifient par magie, ils doivent passer par des processus très compliqués dont l'auteur n'a pas la moindre idée avant de les inventer. Ceci illustre parfaitement la doctrine des Reshimot de la kabbale, ces mémoires des états divins qui surgissent peu à peu, chaque nouvelle lumière qui surgit étant plus grande que la précédente. C'est l'inverse des thérapies, où le dogme va déclarer qu'on commence par nettoyer le gros, et ensuite le détail, et c'est ce qui indique que les thérapies, ça ne peut pas exister, c'est une pure construction de quelques esprits qui n'ont aucune vue d'ensemble de la nature humaine.

21:03 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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