25/10/2013

Pourquoi il nous faut devenir créateurs

En lisant les articles abstrus du Baal HaSoulam (je n'ai pas réussi à dépasser le point 27 de http://www.kabbalah.info/eng/content/view/frame/2373?/eng/&main Preface to the wisdom of Kabbalah), je suis quand même arrivé à une conclusion lourde de conséquences. C'est quelque chose qu'on sait déjà plus ou moins, mais ça va mieux quand c'est établi clairement. Pour faire simple, il y a un niveau de la création (Behina Daleth) dont on peut dire, en gros, que c'est "notre monde" (d'ailleurs appelé "Royaume du désir" par les tibétains), qui n'est pas du tout approprié à la réception de la lumière divine tel qu'il est (sans quoi il l'absorbe comme un vampire). Il doit être muni d'un écran qui est censé repousser toute lumière, afin de pouvoir fabriquer un autre récipient plus adéquat, qui sera fait de la lumière environnante.

Une image est employée pour expliquer le processus : un homme arrive chez son ami qui lui propose à manger. Il a très faim, mais comme il ne veut pas avoir l'air de demander la charité, il refuse de manger (c'est l'écran). L'ami le supplie, et à force d'être supplié, il finit par accepter de manger, pour faire plaisir à son ami. Le nouveau récipient pour la réception de la nourriture n'est donc plus le désir de manger, mais le désir de faire plaisir à son ami. Cela dit, il faut noter que s'il n'a pas faim, il ne mangera pas non plus. Le désir de manger est donc finalement toujours présent à la base, mais il doit être corrigé, et sa correction, c'est que l'homme ne doit plus manger pour remplir son estomac mais pour faire plaisir à son ami (au Créateur) qui ne rêve que de lui donner à manger. L'exemple est grossier, la réalité est plus complexe, puisqu'il y a 5 niveaux d'écran. En fonction de la lumière qu'il accepte ou refuse, 5 niveaux de récipients peuvent être créés. Un écran qui ne va pas refuser la lumière concernant le désir le plus fort ne pourra pas construire un récipient adéquat pour la lumière la plus élevée, et ainsi de suite. Pour recevoir le premier niveau d'âme (5 niveaux d'âmes correspondant à 5 récipients possibles), il faut donc refuser que son niveau de désir le plus faible soit rempli de l'extérieur. Pour recevoir le niveau d'âme suivant, il faut refuser de remplir le niveau de désir suivant etc...

Donc imaginons par exemple qu'il y a 5 niveaux de désir/besoin dans l'humanité, de plus fondamental au moins fondamental :
- se nourrir, dormir
- avoir un toit
- avoir femme, famille, enfants
- avoir des amis, être reconnu
- avoir plein d'argent

On pourrait par exemple dire que qui se contente de ce qu'il a sans chercher à acquérir le superflu va acquérir le 1er niveau d'âme. Qui surmonte son désir de reconnaissance aura le 2è niveau d'âme. Qui reste chaste et célibataire aura le 3è. Qui dort sous un arbre aura le 4è. Qui ne mange plus et ne dort plus aura le 5è s'il y parvient. Ce sont sans doute de mauvais exemples mais ça fait bien comprendre le processus je pense. Dit autrement, plus on peut se passer de quelque chose de fondamental, plus on est proche de Dieu.

Là où l'auteur se fiche du monde à mon avis, c'est qu'il n'explicite nullement le processus, qui reste toujours formel (au point que j'ai dû inventer ces 5 exemples car à aucun moment on ne sait à quoi ces 5 niveaux correspondent). Par ailleurs il n'explique pas en quoi, ou pourquoi la lumière environnante va créer les récipients correspondant au niveau de lumière refusé. Il explique juste que ce sera le cas, ce qui est faux bien entendu. Nous connaissons tous des gens qui se privent de ceci ou de cela et qui sont frustrés, et qui n'ont donc pas acquis le niveau d'âme correspondant, sinon ils seraient remplis.

En fait la solution est très simple : il faut imaginer ce qui nous manque, en utilisant pour cela la lumière de l'Essence. C'est-à-dire qu'il faut devenir créateur de ce qui ne nous est pas donné, car on voit très bien que tant que cela nous est donné au niveau matériel, finalement on s'en fiche, on ne le connaît pas, on n'a pas la moindre idée de ce que c'est. Par exemple quelqu'un qui estime que tout lui est dû = qui ne s'intéresse qu'à ce que son désir soit rempli, méconnaît tout à fait la valeur de ce qu'on lui donne. Un joueur de poker qui est un gouffre financier sans fond et qui est aidé par sa famille pour échapper à la mafia n'aura pas la moindre idée de ce que cet argent aura coûté aux autres. De même, quelqu'un qui est assoiffé d'affection et de reconnaissance n'a pas la moindre idée de la valeur de ces choses lorsqu'elles lui sont données. Faites le test. Repérez dans un assemblée une personne qui semble avoir besoin d'affection, par exemple une fille assez laide qui rêve d'avoir un petit ami. Si vous êtes un beau jeune homme et que vous allez la voir, vous allez rapidement constater qu'elle ne s'intéresse absolument pas à vous mais uniquement à elle. Vous serez uniquement un objet de satisfaction pour elle, et vous constaterez d'ailleurs qu'elle ne changera pas vraiment, car en réalité elle ne sera pas satisfaite, n'ayant pas la moindre idée réelle ni de ce qui lui manque, ni de ce qui pourrait remplir ce besoin. Il en va de même pour tous ceux qui sont assoiffés de reconnaissance. Si vous leur donnez la reconnaissance qu'ils désirent, vous constaterez avec stupéfaction qu'ils ne s'en aperçoivent même pas, au sens où ils vont simplement utiliser l'attention que vous leur donnez pour se mettre en valeur et faire les malins. Je songe par exemple au jeune frère de Jean, qui n'avait aucun ami. Le jour où nous nous sommes intéressés à lui, il a commencé à vouloir nous donner des leçons sur tout, parce qu'il est plus savant que tout le monde, et dans son esprit, il était normal que nous l'écoutions et le remercions de sa bonté. Lorsque nous avons cessé de le faire, il a décrété qu'il ne voulait plus nous voir. La frustration ne l'aide pas à avancer, la reconnaissance le fait reculer. C'est la situation générale.

On comprend pourquoi Malkut (le royaume où le désir est maximal) est le récipient parfait. Tous les niveaux de désir y existent, et donc, à partir du manque, il est possible de devenir créateur de la totalité de la création. L'homme ne peut devenir semblable au Créateur qu'à ce niveau, car ce n'est qu'à ce niveau que tout peut lui manquer. C'est ce qui a été illustré par la kénose de Jésus, qu'on peut résumer par cette citation : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit ».

14:20 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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