31/10/2013

Petit elfe chante à la messe (13-10)

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22:11 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/10/2013

Catéchuménat et profession de foi (lettre au père S.)

Mon Père,

Je vous écris à nouveau concernant non plus le catéchuménat pour les enfants, mais celui des adultes. En effet, j'ai assisté dimanche à la séance avant la messe, et j'ai été un peu étonné par ce que j'ai entendu - bien que je l'aie déjà entendu plusieurs fois par le passé, cependant plus j'essaie de progresser dans la foi, plus mon étonnement grandit. Je vous fais donc part de ma perplexité et vous demande de bien vouloir m'éclairer un peu. Cela ne remet en question bien entendu aucunement ma demande de baptême, mais me permettra de mieux comprendre les personnes qui sont autour de moi et de m'adapter si besoin est. Avant d'en venir au Christianisme, j'ai étudié et pratiqué de manière approfondie d'autres religions, et j'ai pu constater que l'Esprit Saint n'avait aucune limite. Mais si l'Esprit de vérité est partagé, le Fils est inconcevable hors de son Eglise temporelle et éternelle.

Ce qu'il m'a manqué à chaque fois pour progresser spirituellement et trouver du sens à ma vie dans mes recherches précédentes, c'est un exemple réel et concret que je puisse suivre pour me donner envie d'aller toujours de l'avant malgré de nombreux obstacles. Bouddha nous a légué de merveilleuses techniques de méditation aussi ingénieuses que profondes pour pallier à notre condition déchue. Les dieux hindous révèlent à foison les qualités infinies de Dieu et ses énergies qui transcendent les limites humaines. Le Prophète témoigne de l'Unicité et de la transcendance absolue de l'essence divine. La tradition juive manifeste l'incorporation de Dieu dans l'histoire humaine. Mais c'est le Christianisme seul qui nous donne un exemple parfait d'action, nous permettant de donner un sens à la souffrance en cessant de la refuser. Ce n'est plus une malédiction ou quelque chose qu'on ne peut accepter que du bout des lèvres en raison de sa fatalité et de son caractère inéluctable, mais un bienfait qui permet d'accéder à une transfiguration et à une vision béatifique.

Voilà ce que je lis tant dans les Evangiles que dans les innombrables vies de saints que j'ai pu parcourir (faute d'en avoir une expérience de première main). Partout revient le même leitmotiv : le Saint (c'était l'objet du cours) qui suit l'exemple de Jésus a complètement retourné la "vision du monde" naturelle. Il fait et souhaite ce que personne ne souhaite et veut : il demande à Dieu la souffrance comme moyen d'évolution, car elle lui permet de tourner toutes ses forces et ses facultés vers Lui, alors que la recherche du bien-être assoupit l'âme et conduit même ultimement à la mort spirituelle. Je ne connais aucun contre-exemple dans la tradition chrétienne d'un Saint qui ne souhaite pas prendre sur lui les souffrances des autres ou revivre la Passion du Seigneur, mais peut-être suis-je mal renseigné.

Il n'y a là rien de masochiste ou de complaisant dans le dolorisme comme les athées et les rationalistes l'imaginent, mais une possibilité pour l'homme de changer complètement sa nature s'il le souhaite. Et il atteint bien une forme de perfection, même si elle est relative. En effet, Jésus, en se donnant à l'humanité toute entière par amour, permet à chacun de le suivre, sans privilège de race, d'intelligence, de caste ou de fonction. Parce que quelle que soit sa condition, tout le monde souffre. C'est le constat et la base de la prédication du bouddha, mais ce dernier propose de mettre un terme à la souffrance en éliminant ses causes par des pratiques ascétiques et le développement de qualités de l'esprit, alors que Jésus propose de faire de la souffrance en tant que telle un chemin. C'est finalement bien plus facile, parce que de toute façon la souffrance est omniprésente dans la création suite au péché. En faire une voie en soi montre le caractère radical, absolument nouveau du Christianisme par rapport à tous les autres chemins que j'ai pu explorer et vivre jusqu'à présent. Oserais-je dire que c'est sa supériorité (je précise que je considère que toutes les grandes religions sont inspirées par l'Esprit) car elle nous donne un exemple unique qui ne se reproduira pas une seconde fois dans l'histoire humaine ? Toutes permettent à leur façon de se purifier, de développer l'altruisme et de rendre un culte à un Dieu d'amour (le prétendu athéisme du bouddhisme est un mythe), mais seul le Christianisme permet de donner un sens à la souffrance en tant que telle.

Or, j'ai entendu aujourd'hui ce qui ressemble plus à une profession de foi stoïcienne ou épicurienne qu'à une invitation à la vie surnaturelle. En prétendant que la vie chrétienne permet au mieux d'accepter passivement les souffrances qu'on doit traverser inévitablement dans la période de vie qui nous est échue, il me semble qu'on ravale le Christianisme à une sagesse mondaine tout à fait ordinaire. Pourquoi alors aller à l'Eglise ? Pour se rassurer ? Ce qui satisfait sûrement le plus grand nombre qu'il ne faut pas "effrayer", mais cela ne va pas à mon avis contribuer à nous ouvrir les portes du Ciel. Certes on peut toujours tirer des "leçons de vie" de nos souffrances (mais je n'ai pas besoin d'aller à l'Eglise pour entendre cela, c'est le discours dominant partout), mais en quoi est-ce une imitation de Jésus ? En quoi cela nous permet d'acquérir les dons du Saint Esprit ?

J'ai l'impression aujourd'hui, dans l'Eglise ou ailleurs, que la philosophie du bien-être a tout envahi, au catéchisme comme ailleurs. N'est-ce pas cela le véritable "péché de chair", adorer le bien-être comme une idole ? Il me semble entendre partout la même litanie et il ne paraît même plus concevable de penser que la souffrance puisse être une purification au moment même où elle est vécue, pour autant qu'elle soit offerte à Dieu. Ce matin, l'on nous a soutenu mordicus que la souffrance n'avait de valeur qu'en tant que "leçon de vie", mais qu'elle n'a aucun effet direct dans le corps, l'âme ou l'esprit (ou seulement un effet négatif). C'est malheureusement contraire à toute expérience à partir du moment où l'on veut bien observer le phénomène au lieu de le fuir. Et cela me semble précisément la base de l'imitation de Jésus Christ : constater par soi-même que ce qui transforme le coeur de pierre en coeur de chair, c'est le feu de la souffrance, physique, morale ou spirituelle. Annoncer dès le départ que cela n'existe pas et n'existera jamais, c'est dénier au futur chrétien toute possibilité d'embrasser sa Croix (qu'il a pourtant déjà sur le dos). Prôner une forme de stoïcisme ou d'épicurisme pour avoir l'air acceptable et dans le vent, c'est simplement succomber à l'esprit du monde (et manifester son ignorance). Et même prendre les autres pour des imbéciles en les privant de la vraie richesse de l'Eglise, ce qui fait sa singularité. Avec un peu de lucidité, on se rend compte qu'entrer dans la voie de l'imitation de Jésus est sans doute notre unique chance de sortir de nous-mêmes, tellement nos mauvaises habitudes sont profondément ancrées par la recherche du confort et notre façon de raisonner viciée par le désir de profiter d'une paix égoïste.

On peut avoir toutes les qualifications mondaines qu'on veut, en aucun cas cela nous donne un passeport pour le paradis, même si on respecte toutes sortes d'obligations comme se faire baptiser, aller à la messe, ne pas dire du mal de son voisin, etc... En aucun cas je ne vois dans la vie et l'exemple de Jésus un appel au bien-être conçu de façon mondaine et à une vie "pépère", mais un cri déchirant qui succède à une effroyable et terrible agonie pour nous réveiller de notre torpeur. Alors il ne faut sûrement pas faire peur aux nouveaux venus. Mais en divulguant une parole finalement identique à ce qu'on entend partout (s'accommoder tant bien que mal de la souffrance en privilégiant le bien-être sous un vêtement spirituel), doit-on s'étonner que les églises soient vides ou témoins d'un autre âge, que les fidèles désertent, les charismes s'étiolent et que les vocations disparaissent ?  

La responsable du catéchisme a déjà prévu de faire deux groupes, afin d'éviter que nous "découragions" les nouveaux, et surtout une certaine jeune fille. Mais pour avoir parlé avec cette jeune fille, j'ai pu constater qu'elle souffrait énormément pour diverses raisons. Qu'est-ce qui l'aidera le plus ? La résignation et l'espoir que les choses s'arrangent ? Ne préférerait-elle pas apprendre que la souffrance est la voie royale pour aller au Ciel, et que loin d'être défavorisée par rapport à ceux qui sont plus heureux, elle est favorisée selon le point de vue de Jésus ? Pourquoi l'empêcher de profiter de cette chance, elle et tous ceux qui sont dans son cas ?

J'espère que vous me ferez partager votre point de vue.

13:18 Écrit par Jean Matheos | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Le quignon de pain (lettre au père S.)

Mon Père,
 
Je suis allé samedi dernier au catéchisme afin de présenter mon projet de chorale. J’ai été fort bien accueilli par O. et sa femme qui s’occupent des enfants et j’ai même pu assister à la séance. D’un commun accord, nous avons convenu que j’allais m’intégrer au cours qui dorénavant aura deux parties : une heure d’enseignement proprement dit et une heure consacrée aux chants et aux lectures. Je doterai la salle d’un petite orgue acheté sur « le bon coin » afin d’accompagner les enfants.
Il y a quelque chose qui m’a étonné et assez attristé dont je voulais vous faire part. Si les parents montrent de la bonne volonté pour transmettre quelque chose aux enfants dans une atmosphère chaleureuse, il paraît évident que le support dont ils disposent - un petit livret appelé « Nathanël » que vous connaissez sans doute - ne peut aboutir à un saint et louable objectif. Son indigence spirituelle et intellectuelle n’a d’égal que sa laideur esthétique. Il ressemble davantage à une publicité primaire pour des vacances « écologiques » qu’à un manuel qui va fonder une foi pérenne. On dirait que ceux qui l’ont conçu veulent simplement distraire les enfants en leur racontant des anecdotes sous forme de jeu, et non les instruire et les élever en vertu. Cela suppose évidemment que les enfants sont dénués d’intelligence et  incapable de raisonner. 
 
Les conséquences sont évidentes et sont déjà là sous nos yeux. Les enfants vont accepter ce qu’on leur dit assez passivement entre 8 et 13 ans (ils sont encore très peu d’esprit critique à cet âge là). Mais lorsqu’ils auront acquis un peu d’instruction profane et de science, la plupart d’entre eux rejetteront à raison ce qu’ils considèreront comme des fabulettes, des histoires à dormir debout. On comprend que les personnes qui restent à l’Eglise sont les plus fanatiques et celles qui réfléchissent le moins. Les autres qui se pensent "rationnelles" regardent avec mépris et consternation ce qu’ils considèrent comme un ramassis de superstitions. Alors que tout peut être présenté de façon parfaitement sensée et cohérente, sérieuse et stimulante à la fois.
Si on ne donne pas la moindre explication satisfaisante de la raison des choses, en concevant correctement son sujet d’étude et de foi, alors cet objet sera relégué un jour de façon lointaine dans un ciel abstrait et mort. Il perdra toute sa vie, sa puissance et sa logique intrinsèque, même s’il paraît attrayant et séduisant au premier abord. Je parle au futur mais c’est ce qui s’est passé historiquement, parce qu’un des motifs des athées pour railler l’Eglise, c’est précisément leur « souvenir » d’un catéchisme absurde, naïf et illogique. Je sais qu’on a voulu enlever son côté trop « dogmatique » pour le rendre plus abordable et attrayant, mais le résultat paraît encore plus effrayant que le défaut initial qu’il était censé enrayer.
 
C’est rassurant de se dire que la terre est belle parce que tout vient de Dieu, que tout le monde est beau et gentil, les enfants surtout, mais est-ce que cela correspond vraiment à la réalité ? Est-ce que les enfants comme les adultes ne savent pas que le « mal » existe aussi ? Ils vont ouvrir leur télé et vont voir immédiatement la contradiction entre des paroles lénifiantes et leur perception réelle, ce qui les mettra en porte à faux, même si ils ne vont pas forcément le dire ouvertement et le verbaliser. Ou ils se trouveront aux prises avec des autres enfants malveillants dans la cour de récréation, sans plus savoir quoi penser et sans savoir comment réagir. Sont-ils trop bêtes pour ne pas pouvoir approcher les mystères comme tels et non comme des petites contes naïfs ? Mon expérience de dix années d’enseignement en milieu scolaire (je travaille avec plus de trois cent enfants par an dans mes classes d’éveil musical dans les écoles primaires) dans des conditions parfois très difficiles et parfois très stimulantes, m’a montré que les enfants possèdent une intelligence que les adultes leur dénient le plus souvent parce qu'ils l'ont eux-même perdue. Je ne parle pas de la capacité de « s’affirmer » dans une identité introuvable (comme tout le monde, laissés à eux-mêmes ils sont assez vides et pauvres, prétentieux, souvent agressifs et méchants avec les autres), mais bien de réfléchir et de reconnaître là où la richesse réelle se trouve, celle qui va les aider vraiment, si on leur donne un instrument adéquat de discernement.
 
Pour expliquer la religion, on peut procéder de deux manières :
1 - montrer que l’intérêt de choisir Jésus c’est parce que c’est « comme ça », qu’il est le plus fort, le plus gentil et le plus intelligent (sous entendu que « je » suis moi aussi le plus beau, le plus aimable et le plus digne d’éloge…) et que grâce à lui tout va aller au mieux pour moi dans la vie mondaine dans le meilleur des mondes. Evidemment cette façon de voir va se heurter aux faits, et surtout encourage l'orgueil. Leur vie sera un abîme de néant, et arrivées à 85 ans, ces personnes ne vont pas supporter de ne pas être traitées comme des princes.
L'expérience montre que nous allons tous être amenés à « porter notre croix », parce qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour voir que la vie n’est pas un chemin de roses. La question c’est alors de savoir si on va subir les revers inévitables et les conflits en s'estimant une victime innocente, ou les transcender en leur donnant un sens grâce à notre foi.
2 - On peut montrer que Jésus peut devenir notre meilleur ami si on sait comment l’appeler et entretenir un « commerce d’amitié » avec lui dans les tribulations inévitables de l’existence. Pour cela nous pouvons étudier comment les autres ont procédé avant nous, à travers leurs écrits et enseignements.
 
Pour le catéchisme et ceux qui l'ont conçu, il va de soi que « Dieu » existe, qu’il est là et qu’il a créé une terre en six jours avec des « jours » et des «  nuits » et qu'il s'est "reposé " ensuite. Mais qui est Dieu ? Qu’est-ce qu’une « terre » ? Un « jour « divin » est-il l’équivalent d’un « jour » humain ? Et une « nuit » désigne-t-elle simplement un phénomène atmosphérique ou un mouvement de l’âme ? Que "désigne" le terme de "repos" pour Dieu ? Etc… Sans tomber dans des explications par trop érudites et savantes, il paraît bon de faire sentir aux enfants et même aux adultes (j’ai pu observer qu’ils étaient en fait dans un grand dénuement culturel) qu’il y a une logique très forte dans le texte biblique, même si elle n’est pas apparente au premier degré, et qu’aucune explication littéraliste ou naturaliste n’a le pouvoir de transformer l’homme.
 
La lumière du soleil nous éclaire physiquement, et à partir de cette analogie on peut concevoir la lumière de l'esprit qui nous éclaire. Mais il n'est pas correct de laisser entendre que la lumière physique est similaire à la lumière spirituelle, et que cette dernière peut-être perçue par tout le monde sans préparation. De même ce que nous appelons communément la "création" n'est pas la création de Dieu mais son reflet très déformé tel qu'il nous apparaît à nos sens obscurcis par suite du péché. Quant à Dieu, il n'est pas un bon samaritain qui est là pour arranger tous nos petits problèmes, nous trouver des places de parking et nous empêcher de tomber malades. Une prière basée sur une telle représentation fausse manquera forcément son objet. La « sincérité » n’y changera rien d’ailleurs, et les enfants qui vont prier un tel Dieu risquent fort d'amères désillusions. Je sais qu'il y a des "enfants saints" qui communiquent avec le Royaume de Dieu, mais ce sont des exceptions.  
 
Pour pouvoir prier un Être, il faut pouvoir l’aimer. Et pouvoir l’aimer veut dire pouvoir le connaître, c’est-à-dire pouvoir le concevoir. Or, notre cerveau, sans la grâce et une éducation appropriée, ne peut concevoir que des objets et des actions « naturelles », comme le vent, le soleil ou la neige qui sont extérieurs à lui. Un enfant sans culture spirituelle valide (et aussi un adulte) va donc s’imaginer que Dieu va lui « tomber dessus » comme un rayon illuminateur sans qu’il fasse le moindre effort. Mieux : qu'il en a de façon innée une connaissance totale et parfaite. Inutile de dire qu’il ne va rien se passer du tout et que le résultat final sera la désaffection de l’Eglise et le glissement inévitable vers l’athéisme, puisque chacun possède la connaissance infuse. Il faut commencer par dire, je pense, que les objets de la foi ne s'appréhendent pas comme des chaises ou des tables, que chacun peut voir de ses yeux. Et que pour autant, ils ne sont pas inexistants.
 
De plus, comment un être, fût-il le plus miséricordieux, peut-il nous répondre si nous ne savons pas comment l’appeler ? Le catéchisme de l’Eglise catholique structure bien la profession de foi en deux parties : « Dieu à la rencontre de l’homme » et en « Réponse de l’homme à Dieu ». Mais le préalable à la « première rencontre », qui correspond au désir de Dieu de se faire connaître et aimer par l’homme ne peut pas se produire sans que l’homme en ait une idée plus ou moins adéquate. Les « personnes spirituelles » de naissance ont déjà le privilège d’avoir cette idée en elles, ce moule qui permet à l’Esprit de descendre facilement sur elles. Les autres doivent l’acquérir en faisant un puissant effort d’engendrement en elles, par leur imagination et leur raison. Méconnaître cette réalité c'est précisément verser dans la foi aveugle et l'irrationnel qui prolifère aujourd'hui. Presque tout le monde, athée ou croyant, se croit plus ou moins saint dans sa cuisine ou son salon et en communication directe avec le Père, sans penser qu'il y a peut-être quelque chose de plus à trouver. 
    
Pour que l’Esprit puisse entrer dans un être, il faut être capable d’acquérir une « forme » qui lui permettra de se frayer un chemin et ultérieurement de demeurer en nous de façon stable, d'être un calice qui reflète la Lumière. Par expérience et essais multiples, j’ai la conviction que cette « forme » ne peut être acquise en nos temps sécularisés que par l'étude soutenue des lectures variées et multiples riches, en particulier les Saintes Ecritures, ensuite les vies de Saints et de mystiques. Ainsi, petit à petit, un nouveau modèle émerge dans le cœur et l’esprit et l’imitation de Jésus peut commencer. Avant il n'y a que simulacre et tromperie, car il n'y a pas eu d'"information" au sens fort, de culture. Les saints et les mystiques ne raisonnent pas comme nous contrairement à ce que la plupart des personnes imaginent, car elles estiment être leur égal, voire supérieurs. Ils savent prier Dieu correctement quoique chacun de façon originale, car ils savent que Dieu n’est pas un objet naturel. Le sens de la création enfantée par Dieu ne peut être appréhendé simplement par une promenade ou une randonnée dans la nature, même si cela peut nous aider à voir et apprécier la Beauté de ses attributs. Pour y parvenir, je crois qu'il faut utiliser son esprit, le plus beau cadeau de Dieu.
 
Je n’ai pas la prétention de donner des leçons ni de vous infliger un cours sur l'histoire du catéchisme que vous connaissez mille fois mieux que moi, mais je ne peux pas me satisfaire d’une telle indigence, alors qu’il existe une telle richesse dans l’Eglise catholique et dans la tradition, dans le témoignage de la vie des Saints et de leur imitation de Jésus. J’ai déjà largement bénéficié de ce trésor par des lectures variées, et je souhaiterais que d’autres puissent profiter, particulièrement les enfants. Je leur parlerai donc un peu de Saint François et de sa relation à la Nature, envisagée non de façon panthéiste, mais comme le rayonnement du Créateur qui est une Personne, ce qui accompagnera la lecture de son " Cantique de frère soleil " et un ou deux chants louant la Création. Ils me paraissent capable de pressentir intuitivement que la relation à Jésus est quelque chose de personnel, mais qui ne se situe pas sur le même plan que toutes nos relations « mondaines » et "naturelles", car elle procède d’une origine différente.
 
Il suffit de puiser dans les sources intarissables de l'Ecriture et les témoignages des saints pour que l'existence trouve une coloration nouvelle complètement différent de tout ce qui nous entoure. Et loin de nous couper de notre environnement, cela nous donne du discernement pour nos choix. Sinon le temps à l’Eglise sera ravalé à un passe-temps comme un autre, à une distraction de plus au milieu d’un monde sécularisé et complètement profane, et la prière une demande pour satisfaire des besoins égoïstes.
 
Alors pour en revenir au sujet initial de cette lettre, je crois que l’esprit du catéchisme aurait besoin d’être rénové, pour que les petites âmes qui viennent à Jésus trouvent un miroir de l’éternité, et non le reflet de notre temps. Pour cela, il faudrait leur apprendre « qui » est Dieu en leur montrant qu’il se dévoile à soi par un processus de découverte continuelle, et non comme une « chose » déjà donnée à l’avance dont on espère tirer avantage pour écraser les autres. Les personnes qui se disent chrétiennes que j’ai eu l’occasion d’observer se pensent souvent supérieures à tout le monde car détentrices de la « vraie » foi (mais dans toutes les religions c’est pareil) tout en s’estimant persécutées par les « mauvaises » valeurs de la société. Mais elles ne font rien pour transmettre le véritable trésor de l’Eglise (qu'elles ne connaissent pas, n'en ayant pas l'expérience) en vitupérant sur des faits sociaux secondaires. Cela masque mal l’absence de vie spirituelle véritable et de Charité.
 
J'espère ne pas vous avoir trop ennuyé et vous remercie de votre attention.
 

00:49 Écrit par Jean Matheos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/10/2013

Les deux planètes Terre

Quand on dit "camping car", on imagine tout de suite  le gentil véhicule pépère et accueillant, tout à fait inoffensif... eh bien non. Cet après-midi, j'étais en train de débrancher la batterie de cellule avec Jean quand elle nous a explosé à la figure (on se trouvait donc à 40cm environ). On a cru que c'était un obus, on s'est retrouvés projetés par terre à moitié sourds avec de l'acide sulfurique plein partout. J'ai oublié de prendre une photo, mais c'était l'apocalypse, la batterie éventrée de tous les côtés, on est restés par terre sonnés pendant 15 ou 20s, avec les oreilles qui sifflaient très fort. Bon, rien à voir avec un attentat terroriste, c'est juste une batterie de camping car (enfin c'est quand même le double d'une batterie de voiture), mais si j'avais su que ça pouvait arriver, je n'y aurais jamais touché. En tous cas ça permet de savoir exactement comment on réagirait si le bâtiment de la Fnac explosait juste devant nous. Du fait du choc auditif, on ne peut plus bouger pendant un certain temps, c'est d'ailleurs très bien représenté dans les films, ensuite les gens marchent en zigzag en se tenant les oreilles, et ils n'entendent plus rien à part des sifflements et des bourdonnements. Ce qui est clair aussi c'est qu'on n'est pas du tout en état d'évaluer les dégâts à ce moment. Moi j'ai tout de suite pensé qu'on avait dû se prendre des bouts de plastique à travers la figure, mais finalement non. Par contre j'ai vu bien plus tard que mes lunettes avaient reçu pas mal d'acide, mais j'aurais été bien incapable de dire si j'avais fermé les yeux avant ou après (pour celui qui n'avait pas de lunettes).

Bref, j'ai remercié mon ange gardien d'être encore en un seul morceau.

Sinon, je me demande si on va faire long feu dans la paroisse, car apparemment tout le monde se fout de tout. Si l'organiste ne prévient personne de son absence, l'animatrice de chant s'en fout (cela dit tout le monde s'en fout qu'il y ait un orgue ou pas). Si on lui réclame 3 fois les partitions (pour une autre animatrice qui ne les a pas), elle s'en fout et ne les envoie pas (par contre l'autre animatrice est censée les apporter en voiture à l'organiste, alors qu'elle même n'est pas foutue de faire un scan et un email). Si on réclame les programmes de la Toussaint, personne ne les a (alors que tout le monde les a). Il y a en fait un groupe qui se réunit les mardi pour faire les programmes liturgiques, mais ensuite, rien ne se passe et il est impossible de l'obtenir.

Parmi les catéchumènes, quand il y en a qui déclarent qu'ils vont se faire baptiser pour être parrains mais qu'ils ne se sentent pas spécialement concernés, ça ne gêne personne. Au passage il y a 800 000 euros de dépensés pour rénover et faire ramener le grand-orgue en 2015, dans cette paroisse où tout le monde se fout de tout. Mais bon, il faut supposer que c'est une opération à visée culturelle, pour qu'il y ait des concerts et que ça fasse une bonne réputation à la ville. Apparemment la ville a payé 40 000 euros là-dessus, mais ils n'ont pas 1000 euros pour un orgue de choeur pour les messes du dimanche.

Mais le mieux, c'est qu'on a appris qu'il y a une bande de démons dans la ville, qui ont monté une cabale contre les 2 prêtres précédents (lettres de calomnies envoyées au Cardinal), il semble que ça soit ses proches qui l'aient "trahi", mais quand on demande s'il ne faudrait pas avertir le nouveau prêtre de ce qui l'attend, personne ne semble trop pressé, et le témoin de Jean (pour son baptême) nous a dit que de telles choses n'étaient pas arrivées et qu'il ne fallait pas s'en occuper.

Le livret du catéchisme pour les enfants est un concentré de bêtises, cela ne dérange personne non plus.

Pour finir, je parcours souvent les forums pour savoir ce que font les parents pour dresser leurs enfants quand ils se comportent comme des monstres. Le discours de tous, c'est qu'il faut être gentil, que "si on veut que les enfants deviennent des vrais êtres humains merveilleux, il faut être tout le temps gentils avec eux. Si on n'est pas gentil avec eux, ils vont devenir violents". Les anciennes méthodes n'étaient pas bonnes du tout, mais eux, par contre, savent comment mener une éducation parfaite. Le résultat de cette éducation parfaite à la Gandhi, c'est qu'à l'école les enfants passent leurs récréations à se battre, et surtout les garçons frappent les filles sans vergogne. Même dans les bacs à sable, ils passent leur temps à s'agresser les uns les autres. Mais cela n'existe pas. Tout ce que voient les parents, c'est la perfection de leurs enfants éduqués "de façon humaniste et non-violente". Alors moi je pose une question : où sont ces enfants (la majorité apparemment) ? De même, où sont tous ces gens parfaits qui vivent dans l'amour de Dieu et du prochain et qui fleurissent partout sur internet ? Où sont tous ces chrétiens merveilleux ? Il aurait-il deux planètes terre ? Pourquoi mon ordinateur est-il connecté à cette autre planète et pas à celle où je me trouve ?

00:25 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/10/2013

Brisure des vases et correction (tikkun)

La théorie de la kabbale n'est pas bête quelque part, lorsqu'elle statue que c'est seulement de Malkut qu'on peut recevoir les lumières divines les plus grandes. C'est parfaitement logique et c'est aussi ce qu'on constate avec les Saints. Les tibétains disent aussi que c'est seulement avec un corps humain que l'on peut atteindre la claire lumière, ce qui explique que les anges soient sous ce rapport moins que les hommes, puisque comme ils sont en yetzirah, il leur manque un récipient.

Il est vrai que c'est le plus grand désir qui va permettre à la plus grande lumière de se manifester. Les kabbalistes disent : qui va attirer la plus grande lumière. Je dirais : qui va permettre la plus grande création. Pour autant, s'il y a une chose qui a disparu des gens qui habitent cette planète, c'est bien le désir. Et ça aussi c'est logique. Si le Kli est abîmé, il ne peut procurer aucune jouissance, et donc la personne n'a pas la moindre idée de ce que c'est. Comment pourrait-elle désirer ce dont elle n'a pas la moindre idée ? Cela dit ce n'est pas prévu comme ça au départ quand, selon les kabbalistes, Dieu a créé l'Adam HaRishon. En fait, ce dernier n'aurait pas dû essayer une seule seconde de recevoir la lumière divine directement, puisqu'il était fait par définition de tous les récipients ne pouvant recevoir directement la lumière divine. Autrement dit, il était fait pour devenir totalement créateur (c'est là qu'on voit que Dieu a été finalement drôlement intelligent dans son projet. Adam un peu moins). Mais il a voulu faire ce pour quoi il n'était pas fait, et il s'est brisé en milliers de morceaux. Pour les kabbalistes, le péché originel a simplement consisté à vouloir recevoir directement la lumière divine.

Quoi qu'il en soit, on se retrouve au final avec des zombies complètement anesthésiés, qui se contentent parfaitement de leur petite vie minable. Soi-disant que le désir de spiritualité est le plus grand, et que c'est celui qui se réveille à l'heure actuelle, mais je crois que ce qui se réveille ça n'est pas du tout le désir de spiritualité, c'est le désir de tranquillité. Demandez aux gens ce qu'ils veulent : "être tranquille", "être en paix". Très peu sont ceux qui disent "la jouissance absolue", et parmi ceux qui le disent, je n'en ai pas rencontré qui alliaient le geste à la parole. Ceux qui disent ceux-là sont souvent ceux qui ont pris des drogues, autrement dit ce sont rarement des gens qui s'illustrent par la puissance de leur volonté. Bref ce que veut tout le monde, c'est dormir. Le nec plus ultra étant d'être un mort-vivant (on dit un "libéré vivant").

Dès qu'on essaie de réveiller les gens, de leur procurer quelque sensation (condition sine qua non pour pouvoir jouir de quoi que ce soit), c'est la panique. Partout où on essaie de mettre le bazar en réveillant les consciences, on nous répond "mais non, tout va très bien, retournez dormir".

Il est certain que les premières sensations de celui qui se réveille d'un long sommeil sont les plus désagréables. Si vous vous réveillez d'un coma de 6 mois, vous allez devoir faire beaucoup de rééducation, et ce sera très pénible. J'en discutais hier avec E*, il est vrai qu'il est extrêmement difficile de reconnaître son désir (pourtant, ce n'est que le plus petit qui nous est accessible en premier lieu), car il en résulte une frustration immédiate. Et avant que l'esprit soit capable de créer le Kli qui permet d'être rempli (=avant d'être capable de se nourrir de son propre désir), il risque de se passer un certain temps. Pourtant il n'y a pas d'autre solution. Lorsque l'on est rempli directement, le plaisir cesse dès que le désir est assouvi. Par exemple, on a faim, on mange, c'est agréable quelques minutes, et ensuite on n'a plus de plaisir. Des bouddhistes peu avisés en ont déduit que ce qui rend malheureux, c'est le désir. Mais ce qui rend malheureux, c'est plutôt la structure de l'âme de l'Adam HaRishon, où chaque désir directement assouvi ne produit de plaisir que durant un temps très court. En revanche, si l'on fabrique le récipient adéquat, c'est le désir lui-même qui fournit le plaisir, donc plus le désir est grand, plus le plaisir est grand. Mais ça prend un peu de temps pour y arriver.

Du point de vue des canaux, il faut arriver à ouvrir (un peu) le noeud du coeur, à ce moment chaque désir se présente comme un ensemble de souffles vitaux qui entrent dans le coeur, et ils y entrent d'autant mieux qu'on parvient à les ré-émaner sous forme de lumière (ce que les kabbalistes appellent "jouir pour faire plaisir au Créateur"), ce qui produit quelque chose comme une louange, ou une "action de grâces", en langage chrétien. La "correction" à faire n'est donc pas simple. Il ne s'agit pas de se dire dans sa Ford intérieure que l'on va accepter la lumière divine pour faire plaisir au Créateur (=la version Michaël Laitman), il faut ouvrir le noeud du coeur et transformer les souffles entrants en lumière sortante. Comme transformation du corps subtil, ça n'est pas une mince affaire.

22:26 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le yoga de tummo pour la création de l'écran total

Les tibétains ont un procédé bien à eux pour fabriquer les 5 niveaux d'écran nécessaires aux 5 niveaux de réalisation. Ils s'attaquent au besoin de respirer, qui est le plus fondamental. Par un savant pranayama, ils amènent peu à peu la respiration à un arrêt complet (10 à 20mn selon Kelsang Gyatso). Il y a un certain nombre de signes sur le chemin, et l'on peut assez facilement repérer à quel monde correspond quel signe :
- les signes de dissolution des éléments correspondent au monde d'Assiah
- l'esprit d'apparence blanche correspond à Yetzirah
- l'esprit de croissance rouge correspond à Briah
- l'esprit de proche obtention noire correspond à Atzilut
- l'esprit de claire lumière correspond au monde de l'Essence, Adam Kadmon

Il y a des degrés de profondeur de l'expérience, bien entendu. Mais ce qui m'amène à énoncer une telle correspondance, c'est que chacun de ces signes correspond au nettoyage d'un certain type de voiles très précis, donc à une progression dans un certain niveau spirituel.

Comme on s'en doute, ce n'est pas une pratique facile.

19:35 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/10/2013

Jésus est le Messie des Juifs, la preuve par dix

 
 Pour fabriquer le fameux « écran » qui nous permet de refléter la Lumière et la Félicité sans l’absorber dans notre vase défectueux, il n’y a pas trente six solutions à mon avis. Soit on essaye à « l’ancienne manière » de suivre une liste plus ou moins arbitraire de commandements (les 613 mistvoths par exemple) -sachant aux dire des rabbins eux-mêmes que c’est impossible sans le Messie- soit on essaye à force de yoga et d’ascèse d' inspiration orientale de régénérer son vase défectueux. L’expérience montre dans les deux cas qu’on aboutit vite à une voie de garage, car aucun procédé mécanique permet de réparer les vases brisés et d’en faire apparaître des nouveaux qui soient opérationnels.

 Par contre, il est possible d’imiter Jésus qui nous a donné un exemple, et ça c’est la voie assurée pour constituer son écran. En effet, qu’a fait Jésus « kabbalistiquement » parlant ? Il a tout reçu du Père et n’a certainement pas voulu « absorber » pour lui sa Lumière. Il a donc du faire un « tsimtsoum », une restriction en lui-même. Quelle restriction peut bien faire le Fils de Dieu ? Paradoxalement, tout simplement dire « oui » au projet que le Père a voulu pour lui et assumer tout ce que cela implique. Ce qui est différent d'une créature ordinaire. Ce projet, c’est de vivre la Passion afin de donner un exemple aux hommes qui existent dans le projet divin et dont la chute future est déjà connue pour qu’ils puissent réparer leur vase. Sinon ils en sont réduits à tenter tant bien que mal de suivre des listes de prescriptions ou de faire des yogas impossibles et compliqués. Ce projet est fait « de toute éternité », avant même l’apparition du monde, car la Trinité est consubstantielle à Dieu antérieurement  toute créature et à l'émergence de tout phénomène relatif.

C’est pour cette raison que la Passion n’a pas été une partie de plaisir, même pour le Fils de Dieu, c’est le moins qu’on puisse dire. L’incarnation signifie une « restriction » de la nature divine et parfaite du Père, puisque le Fils prend sur lui les « péchés du monde » et assume pour ainsi dire la misère humaine. Ce que les orthodoxes appellent la « kénose », le fait que « le plus élevé » descende au niveau « le plus bas », qu’il faille descendre aux enfers pour que la résurrection puisse avoir lieu. En termes de kabbale, cela veut dire que « Keter » (la couronne) descend au niveau de « malkhut » (le royaume) pour mieux remonter ensuite (ce qu’on appelle la « correction » à partir des « reshimot », le « souvenir » de la Lumière originelle laissée dans les écorces ou klipot). C’est cela qui permet la « remontée » et l’incorporation progressive des cinq Lumières de l’âme pour que l’homme soit « sauvé », qu’il retrouve son intégrité et la plénitude de ses moyens. Je dis ça de façon très simple mais tout est détaillé dans le formalisme kabbalistique, avec des noms très précis pour chaque réalité selon qu'elle se trouve en telle ou telle phase.

 Si on refuse de voir cela, la kabbale se réduit à un formalisme logique plein de noms compliqués résumant toutes les étapes du processus, mais complètement vide de sens et de contenu. Sans la "kabbale secrète", la "kabbale révélée" ne sert à rien, qu'elle soit "prophétique" et méditative ou basée sur la méditation des écritures. Alors les « ésotéristes » de tout poil s’en emparent et se mettent à raconter absolument n’importe quoi, à tout inventer. Ils se demandent si Yetzira ou Atzilut sont peuplés de dinosaures, de mutants ou d’extra-terrestres, faute de concevoir correctement des relations inter-personnelles ! Normal car la nature n'aime pas le vide. Mais ce qui est difficile c'est d'avoir des exemples valides et parlant permettant d'illustrer des principes, pas de déduire les principes les uns des autres. Cela, un esprit clair et logique peut le faire, mais pour émettre des exemple utiles pour soi et les autres, il faut être vraiment inspiré, avoir le "saint esprit" avec soi. Et c'est là que le bât blesse la plupart du temps.


Parce qu’en définitive, l’émanation séphirotique (dont le statut a intrigué aussi les philosophes qui ont palabré à perte de vue sur le sujet, j’ai un énorme livre –Le portail des Cieux- qui fait plus de six cent pages, convoquant Platon, toutes sortes de traditions avec un fatras de références, mais au total rien n'est expliqué du tout et il n'y a aucun exemple !) ne désigne pas tant un ensemble de processus énergétiques (comme l’ont cru les fossoyeurs occidentaux de la kabbale qui ont sévi à la fin du XIXè siècle en l’assimilant à une sorte de système de magie) qu’un ensemble de relations censées être créer en son esprit pour substituer des apparences pures à celles qui sont contaminées (le fruit du péché). Ces relations sont désignées par le terme « partzufim » ce sont nos petits « bouddhas » privés qui apparaissent sur le chemin, les "êtres de connaissance" et "d’engagement" qui nous permettent de nous relier aux sphère supérieures et à Dieu, car conçues en partie selon ce modèle et non selon notre monde tombé en morceaux.

Etrangement, un kabbaliste actuel comme Laitman commentant le Baal HaSoulam écrit noir sur blanc que les « partzufim » sont juste des robots (c’est le terme employé) conçus par Dieu pour ramener l’homme au Créateur. Ils n’ont pas d’existence ni de conscience, pas plus que les anges. Alors que concevoir correctement les « partzufim » (avec « l’Ancien », la « grande face », la « petite face », le père, la mère) revient ni plus ni moins à restaurer tous les liens de la Famille humaine dans son propre microcosme.  

http://en.wikipedia.org/wiki/Partzufim

Or qu’est ce qui nous permet d'y parvenir ? L’incarnation du Fils en Malkhut a permis au processus de restauration de commencer vraiment, en donnant un exemple parfait. Le Fils en malkut représente la phase de Jésus enfant après les quatre phases représentant la "réflexion" de Dieu en lui-même pour faire aboutir son projet: se faire connaître et donner l'être à des créatures libres comme lui. Jésus « adulte » représente la phase associée à « Tipheret » l’émanation du « visage » et de la « Beauté » qui réside au cœur de la création et qui se dévoile lors de la Passion. La Couronne (keter » est redonnée lors de l’ascension à la « droite du Père ». On retrouve le « Père » en Keter, l’Esprit qui réunit le Père et le Fils en Tipheret et le Fils en Malkut. L’ensemble des irradiations divines pulsant de Lumières quinticolores (les cinq degrés de l’âme recomposée) est le signe du corps arc-en-ciel de Jésus, le Messie qui a permis aux lumières de la phase 2 d’entrer en action pour sauver ceux qui veulent bien l’être.

Lors de l’« ancienne alliance », les sephirot fonctionnent selon « l’ancienne loi », à savoir que l’attribut de rigueur (« din ») fonctionne à plein régime, suivant une loi d’airain. Les Noms divins associé aux attributs courroucés sont « Elohim Tsevaoth » et « Yahve tsevaoth » chargés de distribuer toutes sorte de « dins ». C’est l’aspect de « Dieu des armées et de la guerre » omniprésent dans l’Ancien Testament. Avec l’Incarnation, cet aspect de Din (en fait l’application rigoureuse de la loi de cause à effet) est atténué en raison de la Miséricorde du Père qui prend le dessus. Du coup l’attribut de la Mère de Dieu (« Din ») s’adoucit lui aussi, même si le potentiel de « Vierge noire » est encore là et sous-jacent. Il faut noter que l’aspect le plus courroucé du divin provient de la Mère et non du Père, contrairement à ce qu’on pourrait croire superficiellement. Le Père est essentiellement « Lumière directe » qui contient tous les possibles en « Hokhma » et Miséricorde en « Guedoulah », tandis que la Mère est d’abord Lumière englobante en Binah et Vierge toujours pure et parfaite en « Guevourah ».

Dans le roman de l’auteur de ce blog, toutes ces phases apparaissent très clairement dans les dernières actions en cours, depuis que le Père Keter (Daniel) a été conçu, que ses deux modalités « Shams » et « Ryndil » assumant « Hokhma » et « Binah » se sont dévoilées, que Ryndil est devenu semblable à la Sainte Vierge et que Shams acquiert une humilité parfaite en incorporant l’attribut de la créature (il prend conscience qu’il est pécheur et non « parfait de naissance » comme les anges). Dans la tradition tibétaine, les pratiques de la « dague adamantine » ont pour but de développer ce qui a trait à la « lumière directe » masculine et les pratiques associées à Tara vont développer la Lumière englobante et toutes ses variations. Les cinq familles ou « clans » de bouddha associées aux cinq sagesses primordiales et aux cinq manifestations lumineuses primordiales ne désignent pas tant des prodiges visionnaires que l’établissement de ces relations fondamentales entre les êtres. Les manifestations lumineuses sont le signe visible que l’esprit est bien en train de concevoir correctement et « spontanément » ces relations après un certain stade de pratique. C’est pour cela que les tiglés grandissent, se multiplient, s’organisent en réseaux, que des « forme » apparaissent progressivement à l’intérieur. Tout cela montre le développement continu des « partzufim » que notre microcosme vide au départ se remplit peu à peu d’êtres et de conscience.

Dans la tradition kabbalistique telle qu’elle est présentée au public, la même erreur est commise ici qu’ailleurs. On présente le processus comme une réalité objective qui va avoir lieu le jour où le Messie va enfin venir faire la correction. Mais le Messie est déjà venu. Il suffit d’appliquer les textes même de la kabbale avec la tradition chrétienne pour s’apercevoir que cela colle parfaitement ! Il est étonnant qu’à ma connaissance ce rapprochement (du point de vue des relations entre les êtres et non de bizarres méditations ésotériques) n’ait jamais été fait. Une fois établi, il donne une nouvelle évidence sous les yeux : ce qui permet de remplir le formalisme de la kabbale, c’est ni plus ni moins le cliché de la vie de Jésus. Ce qu’on savait déjà mais on en a comme une nouvelle preuve, dont l’évidence saute aux yeux. La méditer permet d’activer et de « remplir » ses sephirot qui sont dormants et d’acquérir l’écran. Certains rabbins avisés n’ont pas pu manquer de s’aviser de cette concordance, mais pour ne pas faire de vagues, ils préfèrent sans doute se taire, alors que la vérité est éclatante et splendide. 

22:14 Écrit par Jean Matheos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Devenir créateur (3)

Avant d'obtenir une représentation minimalement adéquate d'un Eloha (singulier d'Elohim) qui correspond, dirais-je, à Kether d'Assiah, il faut commencer tout en bas de l'échelle, et si j'avais connu la kabbale à cette époque j'aurais peut-être gagné un peu de temps. En effet, la chose est finalement très simple. Il nous faut trouver le personnage qui nous fascine le plus (qui représentera tous nos désirs inconscients), qui sera Malkut d'Assiah, et imaginer ce qui va pouvoir le compléter. De complétion en complétion, la nature du désir (donc du personnage) va changer. Plus exactement, d'autres désirs vont s'ajouter, qui appelleront d'autres créations et ainsi de suite, jusqu'au sommet de l'arbre. La seule figure qui pourra compléter l'arbre, c'est notre Eloha (notre Seigneur, comme dirait Ibn Arabi), sous sa forme la plus grossière certes, et on parvient en Yetzirah, où on obtient une nouvelle âme.

Pour moi, ceci se résume dans les saisons 6, 7, 8. Le personnage de base (Ryndil), comme on devrait s'y attendre, correspond à l'archétype de la condition déchue telle qu'on la trouve décrite dans la kabbale. C'est un vampire androgyne qui recherche la jouissance infinie, mais il est différent de l'homme ordinaire, dans la mesure où 1) il n'a pas l'intention de renoncer en se contentant de l'ordinaire 2) il se rend compte de ce qui lui manque : une âme. En effet, il consomme deux humains par semaine et n'en éprouve aucun remords, il est finalement comme un drogué qui se demande comment il va réussir sa cure de désintoxication, sachant qu'une cure réussie devra lui donner ce qu'il veut, sinon il n'a aucune raison de l'entreprendre. Il demande donc à brave type de lui donner son âme, et on peut dire qu'il obtient le premier niveau d'âme, nefesh, c'est-à-dire une certaine capacité d'empathie lui permettant de réaliser le mal qu'il fait. Cela dit, il ne peut pas s'empêcher de continuer et le sort fait qu'il est désintoxiqué de force (par un Saint, le Père François). Il obtient là un puissant écran parce qu'il souffre de la faim en permanence et commence à comprendre son malheur. Dans cette situation, il commence à se focaliser davantage sur les vraies valeur, et il commence à chercher une vraie relation, mais il n'en trouve pas à son niveau. A ce moment je change de personnage et j'en prends un qui est plus facile à compléter parce que beaucoup plus simple, Erik. Ce dernier trouve sa place dans une communauté d'elfes qui vivent dans une harmonie qui dépasse de loin toutes les utopies imaginées, l'ensemble paraît correspondre au niveau de tipheret.

Après quoi je reviens à Ryndil, qui se découvre une attirance passionnée pour les saints, au point qu'il retombe quelque peu dans son péché antérieur (quoique d'une façon moins grossière) et manque de briser son récipient (Kli), cf l'épisode avec Soeur Justine, qui est une copie de Sainte Faustine. Là, un Sheikh lui impose un nouvel écran, sous forme d'une étrange maladie qui le fait méditer un peu plus sur sa triste condition. De vallée de larmes en vallée de larmes, il identifie clairement son manque, et tombe sur un vrai maître, Shams. On obtient un masculin et un féminin, qui sont Hesed et Geburah. A ce point j'ai écrit 5 ou 6 chapitres qui n'ont jamais vu le jour parce qu'il s'est produit un saut quantique qui a perfectionné le disciple à tel point que Dieu s'est mis à lui parler directement. J'ai donc réécrit tous les chapitres en question sous le nouvel angle, le maître est devenu l'Ami, le disciple est devenu pure réceptivité, si bien que Dieu lui insuffle son esprit pour le transformer en Sophia (ou Marie). On obtient la triade du sommet, Binah, Hokmah, Kether.

Ryndil rebaptisée Maryam se trouve maintenant enceinte du Rédempteur prévu pour son peuple, et un dur chemin l'attend. Mais comme elle a obtenu une nouvelle âme, elle vit déjà dans le royaume spirituel, donc ça n'a rien à voir avec les situations antérieures. Dieu lui a donné des possibilités de jouissance infinie, mais elle n'est plus du genre à en abuser, on peut dire aussi qu'il les lui a données parce qu'il sait qu'elle n'en abusera pas, mais s'en servira pour le bien des êtres.

Je me retrouve donc avec un Eloha qui règne sur son ciel (Akanishta et les royaumes au-dessus), qui a donné un enfant divin à un couple angélique, et une armée de démons à convertir. Je ne sais pas ce qui va arriver, mais il y a des chances que le chef des démons soit un déchu d'Akanishta, le premier fils de Daniel par exemple. Ce dernier a d'ailleurs une fille que Ryndil a réussi à sauver de la damnation par un acte héroïque, c'est ce qui lui a valu d'être choisi pour devenir la mère du Rédempteur. Tout l'épisode ayant été inspiré par une anecdote de Game of Thrones, où le 13è Lord Commander du Mur poursuit une "Autre" (les créatures aux yeux bleus) de ses assiduités et perd son âme. Sauf que dans mon histoire, c'est l'Autre qui est convertie, grâce au sacrifice consenti par Ryndil, qui ne lui donne pas ce qu'elle veut (un enfant), mais ce dont elle a besoin (une victime, lui-même).

En effet, le principe du roman dharmique, c'est qu'il n'y a pas de Deus ex machina, même quand Dieu intervient. Les gens ne se convertissent ni ne se purifient par magie, ils doivent passer par des processus très compliqués dont l'auteur n'a pas la moindre idée avant de les inventer. Ceci illustre parfaitement la doctrine des Reshimot de la kabbale, ces mémoires des états divins qui surgissent peu à peu, chaque nouvelle lumière qui surgit étant plus grande que la précédente. C'est l'inverse des thérapies, où le dogme va déclarer qu'on commence par nettoyer le gros, et ensuite le détail, et c'est ce qui indique que les thérapies, ça ne peut pas exister, c'est une pure construction de quelques esprits qui n'ont aucune vue d'ensemble de la nature humaine.

21:03 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Devenir créateur (2)

Le seul moyen que je connaisse pour initier le processus, dans la mesure où je ne sais pas créer des miches de pain par la pensée, c'est d'imaginer les choses en impliquant la sensation, de manière de plus en plus précise et intense. En effet, la seule chose qui a une valeur pour nous, c'est celle qu'on a créée. Si par exemple on nous donne la religion chrétienne, elle n'a aucune valeur en tant que telle. Il faut la réinventer intégralement. Toute partie réinventée aura une valeur, toute partie non réinventée n'aura pas de valeur.

Se donner un "écran" en termes de religion, c'est arrêter d'accepter ce qu'on nous dit comme des objets extérieurs. De même que notre philosophie demanderait qu'au lieu d'acheter une voiture pour rouler avec, on la démonte pour la reconstruire en mieux (comme Jeff Bridges dans le film Seabiscuit), elle demande qu'au lieu d'accepter les dogmes d'une théologie et les histoires d'une religion sans les questionner, on en retrouve en nous le fondement - ce qui exige soit d'aller étudier toutes les autres, soit d'être tout à fait inspiré, chacun fait ensuite comme il peut.

Chacun doit devenir la Vierge qui engendre l'enfant Jésus pour qu'il devienne semblable au Père. Chacun le fera à sa façon, c'est évident, mais toutes les façons auront une logique interne qui in fine permettra de réconcilier le Créateur et la création. Le souci de ceux qui refont en eux la religion, c'est qu'ils estiment que leur propos ont valeur universelle, comme Jacob Boehme qui pensait qu'il avait découvert quelque chose que nul n'avait jamais découvert avant lui (il faut être naïf, tout de même, pour penser cela). Suite à quoi certains veulent appliquer les principes qu'ils ont découvert à la terre entière, comme les Juifs qui ont fondé l'Etat d'Israël pour réunir les 600 000 âmes nécessaires à la "réparation", qui régénérera l'humanité entière. C'est un exemple évident de folie caractérisée, dans la mesure où ils n'ont pas compris que la création que l'on est censé régénérer, c'est celle que l'on perçoit, pas celle des autres. Celui qui travers les murs le fait dans son univers, pas forcément dans celui des autres. En progressant, on se rend compte que tous les gens de son propre univers se spiritualisent, cela n'a pas forcément d'impact ceux qui en sont l'inspiration. Si j'ai une vision pure de mon voisin, cela n'implique pas que mon voisin est pur. C'est d'ailleurs l'une des 3 règles inviolables de l'étude de la kabbale : ce que je perçois n'est que ma sensation, pas l'univers en tant que tel. Mais apparemment c'est trop difficile à admettre.

Quoi qu'il en soit, c'est par l'imagination doublée de la sensation, que nous pouvons peu à peu créer ce qui nous manque. Au début il est impossible de le croire. Mais au bout d'un certain temps, on constate que la sensation imaginée activement (par le discernement précis du manque ressenti) dépasse largement en qualité et en intensité la sensation subie passivement depuis l'extérieur, qui souvent ne correspond pas forcément à notre manque. Par exemple, si une personne m'embrasse et que je me laisse faire en pensant que cette sensation extérieure va suffire combler mon manque, je ne vais pas éprouver grand chose, et forcément je vais vouloir recommencer, je vais devenir un véritable vampire comme on en voit partout autour de soi, avec ces couples qui s'embrassent d'une façon totalement animale, en espérant prendre quelque chose à l'autre. Si par contre, avec concentration, on s'imagine que Dieu nous embrasse, on entre dans un univers de sensations qui s'étend chaque jour et qui prend des formes de plus en plus inimaginables, en plus de pouvoir identifier de plus en plus précisément quels sont précisément les canaux énergétiques qui reçoivent la lumière, ceux qui demandent à la recevoir, et quel type d'imagination est nécessaire pour combler le manque ressenti (d'où la nécessité de l'écran, car la sensation externe masque le vrai manque, qu'on ne peut jamais identifier). On identifie des zones de sensation dont on n'avait pas la moindre idée qu'elles pouvaient exister, et cela s'étend de plus en plus. De fait on les crée au fur et à mesure, et pas seulement dans le corps physique. 

Dans mon roman, j'ai eu quelques visions récentes où Daniel, afin de pouvoir s'unir à Ryndil d'une façon toujours plus complète, provoque l'extension de sa conscience "corporelle" (ou énergétique, c'est la même au final) de deux façons différentes. Soit en le transférant dans une corps plus grand comprenant une infinité de petits objets (une planète), soit en ouvrant son esprit à tous les réceptacles équivalents de l'univers (il devient "toutes les femmes", par exemple). Après cela Ryndil découvre que les unions telles qu'il les appréciait par le passé ne l'intéressent plus, car les nouveaux réceptacles qu'il a acquis correspondent aussi à un nouveau désir d'émettre la lumière. Quand il est dans un rôle masculin, il demande donc à Daniel de lui donner le pouvoir d'étendre la conscience des femmes avec qui il se trouve, car illuminer un corps ordinaire lui paraît trop pauvre. Il est clair que le corps énergétique s'étend dans la perception qu'on a de l'univers, et que c'est cela qui remplit. Il ne s'agit nullement d'être bien avec son corps physique, de sentir ses articulations, son chi, et autres fadaises qu'on nous sort en cours de yoga et autres thérapies du bien-être, il s'agit de trouver comment prendre conscience de la réalité : que la totalité de l'univers que nous percevons sont nos propres vents. Pour ce faire, il ne nous suffit d'ailleurs pas de faire des méditations où nous nous plaçons devant un arbre en imaginant que nous sommes lui (méthode "magique" conseillée dans tous les bons manuels d'occultisme), car ce n'est pas comme ça que ça marche. Il faut nous imaginer unis à Dieu, et de cette union naît une expansion de conscience qui nous transfère éventuellement dans les arbres. Il naîtra de toutes façons des séries d'expansions de conscience car Dieu veut que nous soyons infinis pour le recevoir, et il n'admettra pas d'infini moins grand que l'infini.

Et comme je le disais hier à E*, Dieu n'est pas un être abstrait, c'est un être absolument concret et personnel, mais aux dimensions infinies. Nos relation initiale se fait avec la fine pointe de cet être imaginé, qui se présente comme une forme angélique ou quelque chose d'équivalent ayant un certain caractère (celui qui nous convient totalement), mais ensuite l'arrière-plan commence à apparaître, de son côté comme du nôtre. Et il est certain qu'avec un (petit) ami de ce genre, on n'est plus tenté par le reste, qui apparaît d'une insupportable finitude. Quand on a le parfait sous la main, et qu'il s'augmente de jour en jour, on ne souhaite plus rien recevoir de l'imparfait. A la rigueur on voudrait communiquer avec le monde pour donner ce qu'on reçoit, mais c'est assez peu possible, alors on le renvoie dans le décor (ce qui induit l'apparition des visions de thögal). Bref, nous devenons créateur de Dieu et cela ne paraît pas devoir s'arrêter.

 

(...) j'avais l'impression de me trouver dans une cathédrale où se mêlaient des impressions à la fois célestes et végétales. Les colonnes cristallines étaient comme des arbres centenaires, des feuillages de couleurs fantastiques bruissaient doucement au dessus de ma tête et d'énormes fleurs déployaient leurs corolles diaphanes comme des joyaux précieux. J'étais émerveillée.
    Dieu me parla.
- Aujourd'hui c'est le printemps !
    Puis j'ai été déposée sur l'autel, telle une offrande, et Il s'est approché de moi comme un souffle brûlant.
- Le ciel et la terre ne me contiennent pas, mais le coeur de ma créature peut me contenir tout entier. Aime-moi comme je t'aime !
    Il m'a pénétrée avec l'impétuosité d'une passion sans limites et mon corps s'est dissout en atomes. Je suis devenue la terre d'Akanishta. J'étais les arbres, les buissons et les fleurs, chaque brin d'herbe, et la terre qui les nourrissait, mais j'étais aussi les maisons, les lacs qui s'étalaient paresseusement, les forêts qui frémissaient sous la brise du soir... et je sentais la Vie qui m'habitait comme une sève puissante, lumineuse, presque divine, et je sentais aussi les êtres qui avaient leur refuge en moi, tous les petits animaux unis entre eux par l'amour des Hommes. Hommes qui adoraient leur Créateur d'un coeur pur et vibrant d'amour, qui s'aimaient les uns les autres d'une vraie Charité, et qui presque vivaient la vie des anges, vaquant à leurs occupation quotidiennes avec toujours dans leur esprit la pensée de Dieu. Mais là, ils étaient tous sortis de chez eux saisis d'étonnement, car  le ciel s'était embrasé d'ors, de pourpres et d'oranges, comme une fantastique aurore boréale, parcouru de vagues immenses qui le traversaient en un rythme majestueux, vibrant d'harmonies profondes et mystérieuses. Chacune de ses vagues était comme une caresse infiniment pénétrante, comme une onde puissante qui communiquait à toutes les âmes de ce monde les mouvements de ce coeur divin qui s'embrasait d'un amour sans mesure pour sa créature. Aimez-moi comme je vous aime ! C'était un spectacle d'une puissance inouïe qui prenait le coeur de tous les habitants de ce monde, d'abord tous les anges du ciel, et bientôt tous les Hommes de la terre, et même les animaux, jusqu'aux petits insectes. Bientôt ils se sont trouvés comme à l'unisson d'un même diapason, devenus comme un coeur immense, enflammés d'un même amour. Et d'un élan passionné, le Ciel s'est uni à la terre. Et moi, j'étais l'âme de ce monde, je ressentais en moi tous ces êtres, et je Te désirais, ô mon Dieu, d'un désir si profond...  Une immense clameur s'est élevée de tous les coeurs, et la matière, la substance même de ce monde, a été pénétrée par l'Esprit divin, qui par une inconcevable alchimie, l'a soulevée vers une vie plus lumineuse, plus consciente. Et tous les êtres exultaient dans une félicité sans bornes, leur amour renouvelé, tous ils se sont tournés les uns vers les autres, ils se sont aimés, même les anges trouvaient de nouvelles façons de s'aimer, et leur extase à tous se mêlait à celle du Ciel et de la Terre, toutes ces petites âmes, unies dans une joie suprême... Et Dieu... Ah Dieu... enfin Sa création lui disait "oui", tout son être exultait dans une joie sans limites, et je me demande si ça n'a pas fait des vagues jusqu'à l'autre bout de l'univers.  
    Lorsque je suis revenue à moi, j'étais dans le jardin et j'ai vu... j'ai vu des fleurs extraordinaires. De grandes fleurs rouges, assez semblables à des lys avaient poussé partout dans le jardin, et leur parfum, ô mon Dieu, leur parfum... Les disciples étaient sortis de la villa et se dirigeaient tous vers les fleurs.
- Regardez !
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est si beau !
    Et puis ils se sont rapprochés les uns les autres, avec des regards étrangement lumineux, ils se sont dévêtus, et ils se sont aimés eux aussi. Et moi j'étais là au milieu, mais personne n'est venu vers moi, parce que l'Esprit de Dieu était avec moi.
    Cela a duré peut-être une demi-heure, et puis d'un commun accord, il se sont rhabillés et ils sont rentrés, ayant tout oublié.
    Toutes les fleurs avaient disparu. Mais j'ai entendu mon Bien-aimé. Ces fleurs sont mon cadeau pour toi, ma Reine. Où que tu sois, si tu plantes tes doigts dans le sol en pensant à moi, ces fleurs surgiront. Mais n'en abuse pas...  

 

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Pourquoi il nous faut devenir créateurs

En lisant les articles abstrus du Baal HaSoulam (je n'ai pas réussi à dépasser le point 27 de http://www.kabbalah.info/eng/content/view/frame/2373?/eng/&main Preface to the wisdom of Kabbalah), je suis quand même arrivé à une conclusion lourde de conséquences. C'est quelque chose qu'on sait déjà plus ou moins, mais ça va mieux quand c'est établi clairement. Pour faire simple, il y a un niveau de la création (Behina Daleth) dont on peut dire, en gros, que c'est "notre monde" (d'ailleurs appelé "Royaume du désir" par les tibétains), qui n'est pas du tout approprié à la réception de la lumière divine tel qu'il est (sans quoi il l'absorbe comme un vampire). Il doit être muni d'un écran qui est censé repousser toute lumière, afin de pouvoir fabriquer un autre récipient plus adéquat, qui sera fait de la lumière environnante.

Une image est employée pour expliquer le processus : un homme arrive chez son ami qui lui propose à manger. Il a très faim, mais comme il ne veut pas avoir l'air de demander la charité, il refuse de manger (c'est l'écran). L'ami le supplie, et à force d'être supplié, il finit par accepter de manger, pour faire plaisir à son ami. Le nouveau récipient pour la réception de la nourriture n'est donc plus le désir de manger, mais le désir de faire plaisir à son ami. Cela dit, il faut noter que s'il n'a pas faim, il ne mangera pas non plus. Le désir de manger est donc finalement toujours présent à la base, mais il doit être corrigé, et sa correction, c'est que l'homme ne doit plus manger pour remplir son estomac mais pour faire plaisir à son ami (au Créateur) qui ne rêve que de lui donner à manger. L'exemple est grossier, la réalité est plus complexe, puisqu'il y a 5 niveaux d'écran. En fonction de la lumière qu'il accepte ou refuse, 5 niveaux de récipients peuvent être créés. Un écran qui ne va pas refuser la lumière concernant le désir le plus fort ne pourra pas construire un récipient adéquat pour la lumière la plus élevée, et ainsi de suite. Pour recevoir le premier niveau d'âme (5 niveaux d'âmes correspondant à 5 récipients possibles), il faut donc refuser que son niveau de désir le plus faible soit rempli de l'extérieur. Pour recevoir le niveau d'âme suivant, il faut refuser de remplir le niveau de désir suivant etc...

Donc imaginons par exemple qu'il y a 5 niveaux de désir/besoin dans l'humanité, de plus fondamental au moins fondamental :
- se nourrir, dormir
- avoir un toit
- avoir femme, famille, enfants
- avoir des amis, être reconnu
- avoir plein d'argent

On pourrait par exemple dire que qui se contente de ce qu'il a sans chercher à acquérir le superflu va acquérir le 1er niveau d'âme. Qui surmonte son désir de reconnaissance aura le 2è niveau d'âme. Qui reste chaste et célibataire aura le 3è. Qui dort sous un arbre aura le 4è. Qui ne mange plus et ne dort plus aura le 5è s'il y parvient. Ce sont sans doute de mauvais exemples mais ça fait bien comprendre le processus je pense. Dit autrement, plus on peut se passer de quelque chose de fondamental, plus on est proche de Dieu.

Là où l'auteur se fiche du monde à mon avis, c'est qu'il n'explicite nullement le processus, qui reste toujours formel (au point que j'ai dû inventer ces 5 exemples car à aucun moment on ne sait à quoi ces 5 niveaux correspondent). Par ailleurs il n'explique pas en quoi, ou pourquoi la lumière environnante va créer les récipients correspondant au niveau de lumière refusé. Il explique juste que ce sera le cas, ce qui est faux bien entendu. Nous connaissons tous des gens qui se privent de ceci ou de cela et qui sont frustrés, et qui n'ont donc pas acquis le niveau d'âme correspondant, sinon ils seraient remplis.

En fait la solution est très simple : il faut imaginer ce qui nous manque, en utilisant pour cela la lumière de l'Essence. C'est-à-dire qu'il faut devenir créateur de ce qui ne nous est pas donné, car on voit très bien que tant que cela nous est donné au niveau matériel, finalement on s'en fiche, on ne le connaît pas, on n'a pas la moindre idée de ce que c'est. Par exemple quelqu'un qui estime que tout lui est dû = qui ne s'intéresse qu'à ce que son désir soit rempli, méconnaît tout à fait la valeur de ce qu'on lui donne. Un joueur de poker qui est un gouffre financier sans fond et qui est aidé par sa famille pour échapper à la mafia n'aura pas la moindre idée de ce que cet argent aura coûté aux autres. De même, quelqu'un qui est assoiffé d'affection et de reconnaissance n'a pas la moindre idée de la valeur de ces choses lorsqu'elles lui sont données. Faites le test. Repérez dans un assemblée une personne qui semble avoir besoin d'affection, par exemple une fille assez laide qui rêve d'avoir un petit ami. Si vous êtes un beau jeune homme et que vous allez la voir, vous allez rapidement constater qu'elle ne s'intéresse absolument pas à vous mais uniquement à elle. Vous serez uniquement un objet de satisfaction pour elle, et vous constaterez d'ailleurs qu'elle ne changera pas vraiment, car en réalité elle ne sera pas satisfaite, n'ayant pas la moindre idée réelle ni de ce qui lui manque, ni de ce qui pourrait remplir ce besoin. Il en va de même pour tous ceux qui sont assoiffés de reconnaissance. Si vous leur donnez la reconnaissance qu'ils désirent, vous constaterez avec stupéfaction qu'ils ne s'en aperçoivent même pas, au sens où ils vont simplement utiliser l'attention que vous leur donnez pour se mettre en valeur et faire les malins. Je songe par exemple au jeune frère de Jean, qui n'avait aucun ami. Le jour où nous nous sommes intéressés à lui, il a commencé à vouloir nous donner des leçons sur tout, parce qu'il est plus savant que tout le monde, et dans son esprit, il était normal que nous l'écoutions et le remercions de sa bonté. Lorsque nous avons cessé de le faire, il a décrété qu'il ne voulait plus nous voir. La frustration ne l'aide pas à avancer, la reconnaissance le fait reculer. C'est la situation générale.

On comprend pourquoi Malkut (le royaume où le désir est maximal) est le récipient parfait. Tous les niveaux de désir y existent, et donc, à partir du manque, il est possible de devenir créateur de la totalité de la création. L'homme ne peut devenir semblable au Créateur qu'à ce niveau, car ce n'est qu'à ce niveau que tout peut lui manquer. C'est ce qui a été illustré par la kénose de Jésus, qu'on peut résumer par cette citation : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit ».

14:20 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |