05/11/2013

Le sens de l'épreuve dépend de l'état de l'âme

Certains pourraient mal comprendre mes derniers posts en pensant que je préconise de chercher seul son salut. Mais cela n'aurait aucun sens puisque Dieu est notre force comme la sève est la force de la feuille. Par contre, je trouve que la façon dont c'est toujours présenté, c'est une façon qui ne fait pas assez d'efforts dans la demande. Une façon qui fait qu'on a tendance à se reposer sur Dieu comme s'il nous était extérieur, comme un petit enfant se repose sur sa maman. Mais si l'on y réfléchit, bien que cette analogie soit souvent employée, elle est complètement fausse, car Dieu n'est pas avec nous dans le rapport d'une mère avec son enfant. En effet, l'enfant est extérieur à la mère, il a son être propre. Nous, nous n'avons aucun être propre. Autrement dit, si nous avons une vraie demande, nous la partageons avec Dieu. Si nous avons une vraie paresse, nous la faisons partager à Dieu, si l'on peut s'exprimer ainsi.

Je pense réellement que Dieu nous veut co-créateurs, à savoir que nous ne sommes pas avec lui dans le même rapport qu'une main est avec le cerveau, comme tant de personnes veulent nous le faire croire. Il veut réellement que nous lui demandions son aide pour créer de belles et bonnes choses, que nous utilisions ses attributs pour créer un monde spirituel où ses merveilles puissent se multiplier. Mais ce n'est pas à lui de tout faire, il a donné l'exemple, et il veut que nous l'imitions.

Quoi qu'il en soit j'essaie maintenant de parler avec les gens pour voir dans quelle mesure ils pourraient mettre en pratique les enseignements de Jésus, et je vois finalement que le pire obstacle est physiologique. Le corps subtil (l'"âme"), sous sa forme ordinaire, ne peut pas du tout percevoir l'épreuve ou la souffrance comme une grâce. Ce n'est pas que la personne soit de mauvaise volonté ou bête, c'est comme si on avait deux citernes côte à côte, sans qu'elles soient reliées, on peut faire toutes les professions de foi qu'on veut, l'eau ne passe pas de l'une à l'autre. Autrement dit, que la personne se cogne le coude, se fasse insulter par sa famille, ou qu'elle subisse n'importe quoi, ça ne se transforme pas en action de grâce, du fait d'une constitution qui est "selon les lois de la nature" (où la créature ne veut que du plaisir), au lieu d'être "selon les lois surnaturelles". Aujourd'hui par exemple nous avons reçu E* et moi une lettre où nous nous faisons copieusement insulter, elle a pleuré toutes les larmes de son corps, alors que pour moi, c'était assez agréable. D'ailleurs on s'est déjà fait insulter dimanche, et je lui avais dit hier que je voulais bien de ça tous les jours. Ici je vois la différence de constitution. De même H* et M* avec leur accident de chat, ils ont juste souffert d'une façon absurde, alors que leur récit m'a déjà produit un effet très bénéfique (vision d'un chat mourant dans un moteur de voiture, et de deux personnes sans dessus-dessous). ça m'a rappelé le jour où j'ai dû enterrer une poule morte, j'avais beaucoup pleuré, c'était affreux de penser qu'elle était morte des vapeurs d'huile de cade que nous lui avions mise sur les pattes pour soigner la gale (la première fois nous n'avions pas mesuré la toxicité de la chose).

La différence malheureusement, c'est 3000 heures de pranayamas. ça pourrait être réduit sans doute car à l'époque je n'y connaissais rien et j'ai dût tout retrouver par moi-même, mais toujours est-il que ça ne se fait pas tout seul, ou peut-être par l'opération du Saint-Esprit, mais je ne sais pas faire descendre ce Saint-Esprit qui pourra avoir cet effet sur les gens. Je veux bien que ça soit possible, mais pour moi je sais que je l'ai obtenu par mon propre effort et en risquant ma santé. Et je peux voir maintenant qu'il n'y a qu'une infime minorité de gens qui sont comme ça. Pour la majorité, l'épreuve est l'épreuve, elle est désagréable et n'apporte rien, ou seulement des réflexions édifiantes. Pour que l'épreuve nous dénoue le noeud du coeur, il faut déjà que tout le corps subtil ait été transformé dans ce sens. C'est un vrai problème, et à mon avis le plus grand obstacle au message du Christ. Parce que ses enseignements ne disent pas comment produire cette transformation.

17:29 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je ne sais pas de quels maîtres tu parles, moi ce n'est pas ce que j'ai lu, ni au Mont Athos, ni chez les tibétains.

Écrit par : Ry | 05/11/2013

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