29/11/2013

Tous bientôt éveillés ? (une lettre de MisterT)

Il m'a fallu du temps pour comprendre que l'expérience exceptionnelle et ponctuelle de l'abolition de la souffrance n'engageait pas qu'une fois connue, on puisse s'en prévaloir pour définitivement la "nullifier" comme non-existante.
Tout le monde sauf Aurobindo est là dedans.
Du coup, ça ne peut déboucher de toute bonne foi que sur la négation de la douleur. Dans mon cas, je dois faire une sévère auto-critique puisqu'après avoir expérimenté une sacrée douleur, je ne me suis pas empêché de mal jauger tout ceci, sans comprendre qu'aucun "retour à la maison" ne pourrait transmuter ce principe fondamental.

Le pire est que la crise économique aidant, on peut s'attendre à ce que tous les thérapeutes désertent les thérapies existentielles au profit de l'enseignement de cette caricature d'éveil.

Une amie l'autre jour n'avait jamais imaginé que les "éveillés" avaient trouvé un filon économique !!! J'ai fini par lui dire que demain quand tout un chacun, grâce à eux, aura à terme réalisé être éveillé, puisque tu comprends "le problème c'est la pensée de ne pas être éveillé, or c'est juste une pensée", alors il y aurait un problème de société.
En toute logique plus personne ne voudrait ni être prof, ni manœuvre chez PSA, ni rien d'autre. Quand tu penses que tu gagnes plus de fric à donner des satsangs et à vendre des bouquins qu'à être ingénieur, pas besoin de voir l'état de la société dans 15 ans. Tout le monde sera enseignant satsang.
Mais à terme, il n'y aura alors plus personne à devoir être enseigné, tout le monde aura rapidement fini par comprendre que tout va très bien (en plus la Tv et la pub le dit au quotidien). Les enfants eux-mêmes seront éduqués par mimétisme dans cet aspect des choses.
La société s'effondrera, dans la décadence (comme l'Inde l'a été) et ultime problème, il faudra ensuite obliger tous les éveillés hypnotisés à suer sang et eau pour se casser le cul à bosser dur 40 heures par semaine.

Tels les smicards actuels qui noient leur prolétarisme, s'oubliant souffrir au stade de football, dans le sexe et la TV, les éveillés en tout genre auront alors réintégré l'état qu'ils n'ont jamais quitté ; mais la société n'y aura pas résisté, plongée dans la décadence d'animaux grossiers, certains d'avoir touché du doigt l'absolu. Imagine avec le progrès technique, et la coercition par lui permise (notamment si gouvernement mondial) ce qu'il en sera devenu de la société...

13:55 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

"Un éveillé ne souffre plus parce qu’il n’est plus attaché a ces agrégats, alors tous s’est prétendu éveillé si en vous voyez un dans son regard qui souffre, il est juste en train de se foutre de votre gueule ou juste en train d’être dans son délire de mythomane.".

Vous êtes en train de me dire que quelqu'un à qui il ne reste plus qu'un doigt de matérialité, et dont le reste du corps est entièrement transformé en lumière, va avoir mal à la jambe.
S'il vous manque quelques informations à ce sujet : http://himalaya.socanth.cam.ac.uk/collections/journals/ret/pdf/ret_15_13.pdf
En tous cas le Lopön ne s'était pas aperçu qu'il était à l'article de la mort il y a quelques années.

Écrit par : Ry | 30/11/2013

Vous dites
"Ces agrégats sont par nature soumis aux changements, sont impermanents, non pas de soi, c'est pour cela que le désir d'appropriation crée de la souffrance, s'attacher aux choses qui par nature non pas de soi."

La langue commande d'écrire "....sont impermanents, n'ont pas de soi" + " qui par nature n'ont pas de soi".

J'ai du relire plusieurs fois, puis j'ai été aidé par la réplication de la faute (le reste du texte est à l'avenant, quelques fautes d'accord j'en fais parfois aussi, mais votre grammaire flirte avec le non-sens, ce qui laisse craindre que votre "compréhension" entière ne soit tordue...Cf ce que dit Elisabeth Nuyts de la grammaire structurante : la grammaire, à condition de s’inscrire dans le réel, est pour l’enfant profondément structurante : à travers l’emploi des pronoms sujets, celui-ci rend compte de sa propre existence (je) et de celle de l’autre (tu, il, elle, nous, vous, ils, elles) ; à travers les verbes, il décrit son action et apprend à situer son expérience dans le temps : le présent, le passé, le futur… Les modes aussi : l’indicatif, le subjonctif et le conditionnel lui apprennent la différence entre le réel et l’imaginaire....) : je ne vous fais pas un dessin car tout ceci est à mon avis une des variables à prendre en compte pour que vous fassiez le point sur votre raisonnement.

En fait vous vouliez juste nous dire que les phénomènes sont déniés de Soi, car vous supposiez que nous l'ignorions.
Ok. Concrètement, comment, vous, le vivez-vous ?

Vous avez compris que tout est impermanent, et que la solution c'est que c'est vraiment trop bête de s'attacher à l'impermanent, car on va en souffrir.
En gros, vous nous dites que avez réalisé Dieu (sinon pourquoi ne l'avez-vous pas fait car ce n'est pas très difficile de ne pas s'attacher à l'impermanent), mais modeste, vous n'avez pas voulu nous le dire texto ?

Bonne soirée.

Écrit par : misterT | 30/11/2013

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