30/11/2013

De la conjuration des Dieux dans le muti-vers

(un peu de conspirationnisme théologique)

Le Dr Immanuel Velikovsky a produit un livre tendant à montrer que les catastrophes relatées dans les chroniques anciennes des peuples n’avaient rien de symbolique, mais traduisaient des faits réels et historiques qui se sont bien produits.

« Soyons francs et reconnaissons que Velikovsky a fait preuve d'un certain génie dans son opus Mondes en collision. Les parallèles qu'il établit entre les mythes anciens constituent une lecture intéressante, franchement divertissante et, en apparence, plausible. Sa thèse d'une amnésie universelle à propos de la collision des mondes est tout aussi réjouissante qu'improbable. Revenons 3 500 ans en arrière, au moment où un objet de la taille de la Terre fonce vers nous à tombeau ouvert. Le chauffard spatial nous percute une fois ou deux, freine momentanément la rotation de la Terre, puis la fait repartir dans l'autre sens, cause une hausse de température sans précédent, déclenche des catastrophes à l'intérieur même de notre bonne vieille boule, et tout ce que cette série de calamités laisse comme trace dans notre histoire, ce sont des mentions du genre "Et le soleil s'arrêta [Josué, 10 : 13]", ou des récits sur une grande noirceur, des tempêtes, des bouleversements, des inondations, des serpents et des taureaux volant dans le ciel... Aucun chroniqueur ancien ne se donne la peine de consigner le fait qu'un immense objet céleste est venu percuter la Terre. On croirait que quelqu'un, quelque part, aurait flairé la bonne histoire à transmettre à ses enfants et petits-enfants, que l'événement aurait marqué les esprits. Mais personne au monde ne semble en avoir conservé de souvenirs précis. Velikovsky explique le phénomène dans un chapitre de son livre intitulé Une amnésie collective, en se rabattant sur les bonnes vieilles notions freudiennes de souvenirs réprimés et de névrose. Ces cataclysmes ayant dépassé en horreur tout ce que pouvait supporter les êtres humains, ceux-ci ont préféré en enfouir le souvenir dans leur subconscient. Nos mythes anciens seraient par conséquent l'expression névrotique des souvenirs et rêves fondés sur des expériences réelles ».( http://ressourcessceptiques.free.fr/dico/velikov.html)


La critique se veut ironique et acerbe. Si personne ne peut revenir en arrière pour constater « ce qui s’est vraiment passé », une chose est très probable : il y a bien eu au cours de l’histoire des phénomènes cataclysmiques qui ont marqué les esprits. Mais loin de nous faire peur et de nous conduire à la crainte de quelque « apocalypse », cela devrait nous faire réfléchir. Visiblement, la fin du monde a pu déjà avoir lieu un certain nombre de fois, et la terre s’en est remise à chaque fois. Ce qui présume assez bien de l’avenir, malgré tous les oiseaux de malheur.

C’est l’aspect physique des choses. L’aspect métaphysique et spirituel, c’est que ces catastrophes naturelles, ces mouvements de vents déchaînés à l’échelle du cosmos pourraient ne pas être le fruit du « hasard » (mot qui masque notre méconnaissances des causes), mais le résultat d’une intention, d’une volonté, comme les textes anciens l’affirment. De la volonté non pas de « Dieu », mais de dieux pluriels, dont le « Vrai Dieu » lui-même en est un parmi d’autres, assez particulier comme nous allons nous en rendre compte par une audacieuse hypothèse qui explique beaucoup de choses.

Si on prend chaque religion théiste « à la lettre » , un Dieu qui se fait passer pour « le » Dieu créateur, nous donne sa version de la création et du devenir de l’univers. Il inscrit un certain nombre d’élus sur des « listes » d’âmes appelées à la sainteté, tandis que les autres doivent suivre durant leur vie terrestre un certain nombre de règles contraignantes, dans l’espoir d’une chimérique place au Ciel ou la crainte d’une effroyable punition. Cela justifie tous les appels à la violence, que ce soit dans l’Ancien Testament, le Coran, ou même l’Evangile. Dans les cas 1 et 3 les appels au meurtre sont littéraux et on ne voit pas comment voit autre chose qu’un appel gratuit à la violence, à part si on veut se lancer dans de trop subtiles arguties théologiques et circonvolutions mentales pour justifier l’injustifiable et gagner sa place auprès de « son » Dieu. Je crois qu’il faut appeler un chat un chat, ce qui évite bien des déboires. Dans le cas 2, la violence est plus cachée, mais non moins réelle, et encore plus pernicieuse.

Les trois « religions du Livre » ont prédestiné les âmes à leur futur, même si une illusion de libre-arbitre est laissée parfois à la créature. Son « libre-arbitre » c’est dans les faits d’acquiescer à des décrets qui ont été promulgués sans lui demander son avis. Peut-on vraiment parler de liberté ? Ne s’agit-il pas plutôt d’être comme une sorte de caisse enregistreuse qui entérine un registre pour ces âmes ?  Un certain nombre d’âmes sont inscrites dans les listes de la pré-éternité pour vivre dans la post-éternité comblé de bienfaits, et pour les autres c’est le néant, quelque soient leurs efforts. De toutes façon elles ne sont pas encore nées. Tout est déjà scellé dans les registres des dieux éternels qui se partagent notre univers. N'y a-t-il pas un légitime motif à protestation face aux instances célestes, voire de révolte ? Non, parce que d'autres naissent tous les jours...

La situation est criante dans le Christianisme, qui a réussi le prodige de se faire passer pour "démocratique" en permettant le salut à tout homme de bonne volonté ! C’est l’imposture la plus incroyable de tous les temps, car cette religion est encore plus élitiste que les religions antiques avec leur système d’initiations. Jansénius le disait ouvertement et en avait tiré toutes les conséquences. Les cinq préceptes du Christianisme sont compris par la multitude d’une façon très naïve et fausse, mais il ne peut en être autrement, faute de critères de comparaison, d'instruction et d'observation. Ils sont appliqués réellement par les Saints tout autrement.

Prenons l’ « humilité » par exemple. Le vulgaire comprendra qu’il ne faut jamais la ramener (surtout face à un supérieur), même quand on se trouve face à des aberrations criantes, car alors c’est notre ego qui se la joue, la part de nous-mêmes déchue qui parle... Du coup le fidèle va faire le jeu de l’ordre établi qui veut la stabilité à tout prix. Le véritable postulant inscrit à la congrégation des saints comprend que  l’humilité est la seule attitude possible et souhaitable une fois qu’on a réalisé notre « néant créaturel » face à Dieu. Il est tout et nous sommes rien. Que pouvons nous bien prétendre dans ces conditions ? Dieu nous donne l’être car nous ne sommes rien par nous-mêmes. Il n’y a donc pas ou très de peu de connotation psychologique et morale dans cette affaire. L’obéissance ne consiste pas à dire « oui » aveuglément à des consignes idiotes, mais à se laisser guider aveuglément par un Père spirituel qui nous mène dans sa prière, parce que nous en sentons les bienfaits. Mais si ce Père est remplacé par un prêtre lui-même perdu dans le monde, inutile de dire que cette obéissance ne portera aucun fruit et provoquera de la haine en soi.

La « chasteté » des saints consiste à se réserver tout entier pour un Dieu jaloux –corps et âmes confondus- qui veut une personne toute entière pour lui tout seul, d’autant plus que cette âme est sans défense et que l’Esprit de Dieu est incorporel et capable de tout pénétrer. C'est une chasteté dont le signe est un mariage total. Mais la chasteté de la pauvre bonne soeur consiste à se dessécher lentement mais surement, comme un fruit laissé au soleil.

La « pauvreté » ne consiste pas à ne pas posséder de biens physiques ou à tout donner aux pauvres, mais à jeter purement et simplement toutes les apparences de ce monde par-dessus bord, si bien qu’on ne perçoit plus rien de ce monde. Car le futur saint est déjà tout dans l’autre et a perdu pied. Alors que reste-t-il de la charité entendue comme le mouvement spontané de l’âme vers son frère ? Elle ne consiste pas à aller à l’hôpital faire un sourire à un malade ou dire une parole réconfortante à un homme accablé par le malheur comme on l'apprend au catéchisme, mais à partager uniquement avec ses amis inscrits sur une liste d’éternité les biens célestes. Cela peut aller très très loin, comme l’attestent les exemples dans la fameuse « encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique » de Joachim Bouflet. Elle montre Symphorose Chopin et son amie sainte inédique comme il se doit (je ne me souviens plus son nom) qui s’échangent des hosties par bi-location et se communiquent des informations l’une envers l’autre qui restent inconnues de leurs proches… Les anges viennent même faire la vaisselle des saints quand ils sont trop occupés. Ils leur permettent de traverser des murs pour aller évangéliser des peuples dans des contrées lointaines, facilitent toutes sortes de prodiges télékinésiques qui laisseraient sans voix les adeptes de la « métapsychique » et du paranormal. Si bien qu’à la lecture de ces ouvrages, on se rend compte que les saints qui viennent de la tradition catholique romaine ne vivent pas dans notre monde au quotidien. Ils sont bel et bien dans un autre monde qui a quelques vagues intersections avec le notre. Evidemment nous sommes persuadés que nous partageons tous le même univers, parce que nous sommes habitués à penser comme ça mais il n’en est rien. Nous avons même là un exemple flagrant d’un univers qui semble être entré en collision avec le nôtre et qui a apporté croix, soutanes et églises, mais qui au final ne semble pas avoir le moindre rapport avec nous.

Celui qui se fait passer pour le « Vrai Dieu » n’est-t-il pas plutôt un Etre « omniscient » doté d’une Volonté très puissante qui existe dans un autre univers, qui « met la main » sur les âmes inscrites sur ses listes (littéralement elles ne s’appartiennent plus, puisque le « Saint-Esprit » agit à leur place) tout en maintenant dans l’ignorance et la crasse le reste de l’humanité ? Sa méthode « catholique » paraît toujours la même : destruction préalable du corps par « accident » ou tout autre moyen légal, maladies très éprouvantes pour le sujet qui est la cible de l’ange ou « mission » impossible à réaliser (comme celle de Jeanne d’Arc ou la construction du Mont Saint-Michel), souffrances effroyables qui alternent avec les extases et les délices indicibles, pour finalement abîmer la victime immolée dans une contemplation de feu qui arrache l'âme à tout ce qui est terrestre pour la consommation suprême.

Mais ce qui est vraiment bizarre dans ce scénario apparemment immuable, c’est que la souffrance ne semble pas se transmuter comme telle en lumière de façon simultanée (le « corps de souffrance » même serait vécu comme un « corps de gloire », telle une pièce unique qui a deux faces si tout était "normal" et cela justifierait cette méthode). Or, d’après les récits et les biographies, les phases de souffrance alternent avec les phases de délices, comme si un puissant narcotique était absorbé par les âmes ravies qui en voudront toujours davantage, au prix de davantage de destructions corporelles. Il faut quand même avouer que cette «façon de faire » est un peu étrange, même si elle est très efficace. Mais tout le monde souhaite-t-il brûler physiquement du feu de Dieu, voir son cœur physiquement troué par la puissance de l’amour ou sa tête transpercée par le doigt délicat de Saint-Michel ?

Une hypothèse assez inquiétante se fait jour, qui dévoile l’origine proprement « extra-terrestre » du Christianisme et explique son côté « ovni » en regard des autres religions. Si celui qui se fait appeler le « Vrai Dieu » était une sorte d'Entité qui aurait décidé de faire l’impossible, pris par une lubie céleste qui lui est propre ? Partager l’ignorance des êtres car il s'ennuyait un peu ? (normalement c’est impossible car par définition l’ignorance ne se partage pas avec la sagesse, mais là le « privilège » du Christianisme c’est de rendre cela possible et c'est ça qui lui confère con caractère unique).  En ce cas le « vrai Dieu » se divise en trois personnes (et on a bien un « tri-théisme » comme le disent les musulmans qui disent que les chrétiens ne respectent pas l’unicité de Dieu), afin que le « Fils » sacrifié mais on imagine consentant puisse « descendre » dans la matière et l’ignorance pour effectuer sa mission et aller pêcher les âmes inscrites sur sa liste.

 Comme la part du « Père » est restée « en haut » et ne « voit rien » de ce qui se passe, le "Dieu-vrai" dépêche un « agent spécial », le « Saint-esprit », en fait un collectif d’anges, chargé d’assurer la liaison entre le ciel et la terre. Normalement les anges ont très peu la possibilité de se manifester sur terre, en raison de la différence de « densité » des mondes. Il leur manque le « périsprit » qui est fourni pas les êtres incarnés et permet la matérialisation de "fluide". Dans le cas du « spiritisme » (cf. le livre « communication avec l’au-delà » de Greber qui explique tout ça clairement) les esprits descendent grâce au médium qui libère son périsprit.

Alors comment obtenir ce périsprit, afin que les anges puissent venir directement aider les saints en violant les « lois de la nature » ? Par le prix du sang ! La quantité de sang produite et dégagée est directement proportionnelle à la quantité de « saint-esprit » qui peut descendre. Dans le cas de la messe, il s’agit de la transsubstantiation du vin qui montre analogiquement le processus. Mais dans les faits, c'est le sang des martyrs qui permet l'union de la « communion des saints ». Il ne s’agit pas de « magie noire » mais il y a bien une sorte d’ « opération occulte et mystique » qui permet aux anges d’agir et de faire leurs miracles, de guérir, etc… Non pas pour tous, mais pour quelques uns. Le saint ne rachète pas d’autres âmes, mais travaille pour lui-même, exactement comme dans les autres religions, en suivant un mode radical de purification. Chez les catholiques, il semble impensable de déraciner le mal autrement qu’en éliminant un corps corrompu et en le remplaçant par un autre. Chez les Orthodoxes, la méthode est plus douce et plus traditionnelle. Le sacrifice du « sang » se rapproche plus des autres religions. On sue beaucoup et on prie énormément, mais la transmission exige avant tout de confier son âme à un Père spirituel qui va la diriger vers sa source. Chez les protestants, les esprits descendent et donnent des charismes, mais comment savoir s’il s’agit vraiment des esprits du « Vrai Dieu » ou tout autre chose ? Il y a aussi des mystiques isolés, qui réinventent complètement leur Jésus et ont leur propre révélation privée. Dans ce cas précis il font seul leur salut même s’ils impressionnent parfois leur entourage.  

Alors le Christianisme oui quand on est sur la liste du livre de vie, mais pourquoi laisser les autres non inscrits dans le néant en encre même pas sympathique ? Après on peut toujours s’inventer des « signes », mais les signes affabulés c’est quand il n’y a pas de traces réelles d’une intervention surnaturelle. Dans 99% des cas il n’y a pas de signes et il n’y en aura pas. Au fond les gens le savent et ne peuvent pas croire au mensonge. C’est pour ça que le monde est dans un tel état et que les églises se vident. Chaque boutiquier de Dieu vend un petit bout de parchemin, en cachant soigneusement le secret de sa confection. Mais en regardant de près chaque parchemin, ô stupeur, on découvre une imposture généralisée pour le profit de quelques uns.

C’est ce qui me paraît effroyable avec toutes les religions qui sont apparues sur terre jusqu’à présent. Le « Dieu » sauve effectivement quelques âmes qui reçoivent le prix de leur pratique et de leur dévotion, et les autres sont laissées pour compte. Le scénario est le même partout : on impose à la multitude des règles et des devoirs complètement absurdes, sachant qu’elles n’ont mené, ne mènent et ne mèneront à rien.  Alors que fait-on si on est inscrit sur aucune liste ? On devient désespéré ? On devient jaloux et adepte de Lucifer qui a voulu refaire le plan d’un Dieu en « mieux » ? On se dit que finalement tout ça n’a pas d’importance et qu’il vaut mieux laisser tomber ?

 
A un extrême, on peut devenir haineux et à moitié fou, comme Jörg Lang von Liebenfels, le fondateur de « l’ariosophie » ancien moine cistercien, qui, comprenant que les grâces ne tomberaient jamais sur lui, a « relu » la Bible à sa façon et en tiré des conclusions racistes. Voyant qu’il n’appartiendrait pas au groupe des « élus » et voulant s’y rattacher de force, il commença à imaginer qu’il faudrait purifier la plus grande part de l’humanité en exterminant ceux qui avaient péché originellement, en espérant peut-être que la foudre du « Dieu-elektron » allait le régénérer... La plupart des malheureux qui hantent les monastères finissent de façon plus convenue dans l’acédie, leurs facultés et leur vitalité s’éteignant progressivement, tandis que les autres espèrent devenir des surhommes on ne sait pas trop comment.

Mais on peut aussi choisir la voie de la modération et devenir bouddhiste en comprenant l’intention des bouddhas. On peut alors commencer à exercer sa liberté même si c’est un peu fastidieux et difficile, surtout au début.

La méthode c’est de comprendre que les « textes religieux » ne décrivent absolument pas un monde d’événements physiques (c’est l’interprétation du Zohar des actions relatées dans l’Ancien Testament, il peut y avoir une concordance avec un événement physique qui s’est produit historiquement, mais tout s’explique par le jeu des sephirots dont il faut apprendre le langage qui correspond à des mouvements spécifiques au sein du corps subtil qu’il faut apprendre à discerner et à produire ; tant qu’on croit à la littéralité on est dans l’erreur la plus complète ; les sages ont choisi d’exemplifier des mouvements du corps subtil par des exemples tirés dans le monde sensible, mais en fait rien ne correspond au « monde sensible » : il s’agit donc bien de faire un « stade de génération » qui sépare les apparences sensibles avec les apparences pures générées et non d’interférer dans le cours des événements extérieurs, mais des mouvements possibles du corps subtil pour amener à la « correction » de son fonctionnement, à sa purification. C’est une opération intérieure et "alchimique".

C’est dit explicitement dans le commentaire autorisé du Zohar par Ashlag en plusieurs endroits.


A lire : Quelle est la fondation sur laquelle la Kédousha (sainteté) est construite ?


Il en découle une règle évidente. Tout texte qui prétend être « littéral » va conduire tôt ou tard au massacre et au fanatisme. On voudra qu’Israël règne sur terre, ou que le Royaume de Jésus soit imposé de force si ce n’est la Loi du Prophète… Pour le prix de quelques âmes sauvées, le peuple des fidèles est abruti par des règles absurdes. C’est une action de nature criminelle qui est encouragée par les autorités et qui conduit effectivement au crime. Ce que les athées ont fait remarquer à juste titre sans comprendre la nature de ce qui est en jeu, un combat de titans qui se déroulent au-dessus de nous. En fait les « dieux » sont des êtres qui ont chacun une volonté propre et qui s’auto - limitent. Peut-être qu’Allah veut précipiter la fin des temps en collusion avec Jésus, mais Gourou Rinpoche n’est peut-être pas d’accord…Il règne donc sur terre comme au ciel un équilibre de la terreur, qui garantit la paix et l’équilibre des puissances. Ce qui est en haut n’est-il pas comme ce qui est en bas ? Aussi saugrenue cette hypothèse paraît au premier abord, autant elle tient la route si on regarde de plus près.

 
Les rationalistes sont les jouets de forces qui les dépassent et ne peuvent rien percevoir de l’effrayante complexité du multi-vers et des collisions qui se produisent à intervalle régulier entre les mondes. L’apparition du Christianisme correspond à une sorte de collision entre deux univers qui n’ont absolument rien de commun. C’est une religion extra-terrestre au sens propre (résultant de la « scission d’un bouddha en trois parties ») qui a produit un singularité dans notre continuum spatio-temporel et a supplanté l’ancien Régent Jéovah qui a dû visiblement se retirer et se résorber. Une fois qu’un corps arc en ciel s’est résorbé, il ne peut plus intervenir dans le monde de l’ignorance. Mais on dirait que certains être très puissants tiennent à tout prix à garder leur emprise sur notre bonne vieille terre. Allah tient à tout prix à imposer une Loi qui justifie toutes sortes de crimes barbares pour quelques saint au-dessus du lot. Qu’a-t-elle de si merveilleux pour que des êtres si forts s’intéressent à des vermisseaux comme nous qui vivent à peine cent ans et n’ont pas de pouvoir ? Aurobindo et Mère avaient pressenti que les religions traditionnelles voulaient déposséder l’homme de quelque chose sans préciser exactement quoi : tout simplement son pouvoir créateur, résultat de son indétermination foncière pour la majorité d’entre nous pauvres et misérables.

C’est la kabbale et le bouddhisme conjugués qui nous donnent la clef de l’oeuvre : en entrant dans la matière, l’homme souffre d’un manque mais peut se faire co-créateur à l’instar du Dieu bon grâce à la lumière de l’essence. Ce qui explique bien des jalousies et un intérêt prodigieux de la part de grands loups de l’espace… Il peut partager l’attribut même de la création avec le créateur et produire son propre univers, car tout est créé par l’esprit. Bouddha a refusé de se prononcer sur l’existence de Dieu, car il savait qu’il n’y avait pas un seul Dieu mais une seule essence émanant une énergie infinie et une multitude de Dieux-entités gravitant autour et voulant exercer une volonté sur les univers qui surgissent spontanément. Mais visiblement tout n’est pas réglé comme du papier à musique, même autour du Trône. Chaque entité a des outils à sa disposition pour créer : des « lettres-mondes », des « paroles de pouvoir », des « formes parfaites »… Elles rentrent en concurrence les unes avec les autres, chaque entité voulant établir son règne unique. La vie du multi - vers est donc beaucoup plus animée que tout ce qu’on pourrait bien imaginer avec notre cerveau limité et semble une expression baroque et protéiforme. L’étude de toutes les chroniques nous en apprend plus que toutes les extases possibles et imaginables, tout en permettant de partager un tout petit peu la vie d’autres êtres par similitude.

22:29 Écrit par Jean Matheos | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

"Ca me rappelle que c'est ce qu'enseignait peu près soeur M à la fraternité des jeunes il y a quelque temps en fait sur le texte de Jonas. Certains étaient d'ailleurs assez perturbés qu'on leur explique que les miracles décrit n'avaient pas eu lieu, ils demandaient, mais alors, la baleine ?"

Je crois que ça c'est plutôt le reflet de l'athéisme et du nihilisme qui est rentré dans l'eglise et à tout infiltré, qui tend à dire que tout est "symbolique" et finalement n'a pas eu lieu. L'inverse de la réalité à mon avis.
"Pour moi, ceci est la preuve que toutes les clés n'ont pas été perdues, encore que j'ignore s' il y a beaucoup d'êtres qui sachent vraiment les mettre en pratique, et qui sachent toutes les mettre ensemble".
Si justement toutes les clés sont perdues puisque personne ne comprend que les événements ont lieu à la fois sur les deux plans, simultanément et qu'il n'y a pas de division. Quand on "interprète" au sens moderne, on veut dire juste qu'on a pas de sensations réelles des "mondes spirituels" et qu'on se défoule par les analogies et les commentaires mentaux sur un texte vidé de contenu à la base. Mais la perte de la méthode ne date pas d'aujourd'hui.

Tout est à la fois physique et spirituel. C'est une vision précise et concrète. Le "symbolique" c'est en définitive le "mental" qui n'existe pas vraiment au fond. Le débat est ancien. cf par exemple ce qui se dit Porphyre dans son interprétation de "l'antre des nymphes" extrait de l'Odyssée, comme réalité à la fois sensible et intelligible selon la sagesse antique.
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/porphyre/antres.htm

Moi je dis que les événements peuvent avoir eu lieu physiquement (ce qui est exactement la thèse des livres de Velikovski quand il remet en parallèle les chronologies égyptiennes et juives avec le décalage et qu'il montre que l'épisode de l'Exode s'est bien produit ainsi que les autres; ces livres sont à regarder de près concernant l'histoire des catastrophes et des chronologies c'est assez passionnant), mais qu'ils ont un sens pédagogique uniquement si on est capable de sentir des effets de vents précis dans le corps. Donc je suis intuitivement partisan de la thèse de Velikovski montrant que l'histoire de la terre est celle de catastrophes dont on a toutes les traces fossiles et géologiques sous notre nez. Enfin il faut lire les extraits pour sentir de quoi je parle. Je crois qu'il donne une bonne idée et une bonne version de la vie de " l'être - terre" qui n'a rien à voir avec la douce "gaïa" des new-age. Cela permet un bon exercice de l'imagination, parce que les mammouths n'ont pas disparu dans un blizzard et il est étonnant d'imaginer l'inversion des pôles, le reflux des océans, les lames de fond immenses, et ce qui reste ensuite sous forme de sédiments et de fossiles pétrifiés...

Donc les chroniques anciennes décrivent bien des mouvements physiques immenses qui ont eu lieu. mouvement physique = déplacement de "vents" à l'échelle cosmique. Mais ces mouvements de "vents" (surtout quand il s'agit de comètes qui ont une multitude de directions possibles) ne sont pas le fruit du hasard, mais dérivent d'intentions de "dieux". Exactement la vision des anciens. Donc quand Jeovah dit qu'il envoie la foudre la grêle et les épidémies et qu'on trouve qu'une météorite dévaste la terre on peut lui faire confiance. Ce qui montre que les choses ne doivent pas être prises à la légère.

Maintenant une fois le début d'identification dans le "microcosme" (le corps subtil) les trajets de ces mouvements de vents, on comprend leur sens possible : il n'y a pas de "bons" et de "méchants" vents, mais seulement des mouvements autour d'un centre, le canal central. M n'en a à mon avis aucune idée, car il n'est pas sûr qu'elle est la notion de "canal central". Pour elle c'est "amour de Dieu" ou "grâce " de façon assez floue. Elle ne sent donc probablement pas que le "ventre de la baleine" correspond à la constitution de l'"écran" qui permet de refuser "pour soi" la lumière en attendant d'avoir fait un réceptacle solide et de pouvoir "rendre" les phénomènes au monde purifiés avec l' intention de donner et non de prendre. Il y a aussi la traduction du même phénomène en langage alchimique, qui correspond à "l'isolation des vents" et la cessation de leur poursuite d'objets externes. Ce qui est représenté par le couple initial dans l'athanor = le klipott qui va chercher à libérer sa lumière, sachant que toute écorce comporte une part féminine et masculine. Chaque phase est illustré par une vignette. cf par exemple le fameux "splendor solis" qui est assez évocateur. Faute de l'identification correcte des phases, on en est livré à un "Dieu" une entité qui peut faire ce qu'on veut de nous.

D'où les mises en garde du lopön, si on pratique les tantras -s'en remettre à un Dieu- on ne sait jamais trop à quoi et à qui on s'adresse, car une entité-Dieu peut prendre toutes les apparences qu'elle veut et jouer avec nous. Tandis que son "état naturel" = identification correcte du canal central et des "rayons" qui en sortent- est beaucoup moins inquiétant, car c'est le notre et pas celui du voisin.

"En tout cas, je voudrais relever ce qui me semble difficile à comprendre: "les religions dépouillent l'homme de sa force créatrice".

Il suffit de regarder l'histoire et l'état des gens. Chacun déteste son voisin et maudit les autres, à d'infimes exceptions, et tout le monde est malheureux, voulant imposer sa vision d'un Dieu qu'il ne voit même pas au voisin en l'assommant avec des règles idiotes. Une seule règle suffit et elle est très naturelle : ne pas s'approprier le Bien d'autrui à son profit et respecter son intégrité. C'est une loi naturelle qui est dans l'intérêt de tous. C'est ça qu'a a apporté la religion ? Même pas, puisqu'au nom de Dieu les gens cherchent à voler les autres et ne respectent rien en demeurant bornés et ignorants.

"La part bonne des religions n'éteint pas le potentiel créatif de l'homme, mais la part bonne des religions n'est rien d'autre que la part bonne des hommes, et la part négative, le reflet de la part négative, à mon sens"
Je montre exactement le contraire dans mon article, en voyant que le "pacte" entre l'homme et dieu ou "le Dieu" est un piège à mon avis, piège refusé par bouddha justement. Ce que tu dis là c'est une profession de foi rationaliste, qui montre en fait que tu n'as pas la moindre idée de ce que peut être un "dieu" ou celui qui se fait appeler "dieu". Si les choses étaient si simples cela se saurait et il n'y aurai pas un bazar pareil. En plus si la "bonne part" des religions est déjà humaine, cela veut bien dire que la religion est inutile ! Et comme tu le dis, les hommes ont bien créé quelque chose dont les dieux s'approprient la réalisation. Sans eux, ils auraient quand même manifesté le beau, car c'est un reflet naturel de l'esprit.

"Je pense que ceci pourrait donner lieu à la réflexion suivante: autant il existe des lieu sur terre, où la distinction entre élus et surtout, damnés, était apparemment frappante.
Autant, il existe des lieu, où certains parviennent tellement à s'enrichir, qu'ils donnent l'impression d'avoir été non seulement favorisé, mais clairement, sélectionnés au nez et à la barbe des autres pour le paradis (et probablement l'ont t-il été à un moment où un autre de leur parcours incarnatoire, après tout, peut-être que les Saints ne sont autres que l'entourage réincarné des Saints qui les ont précédé), c'est le monde des mystiques".

Primo Levi n'a pas la moindre idée à mon avis de ce que signifie une "élection" au sens spirituel . Il en a comme toi une idée matérialiste à base de comparaison envieuse. Or c'est justement cette idée qui entraîne la jalousie, titille et torture l'âme. Sachant que tu n'es pas inscrit sur une liste, tu viens jalouser ton voisin qui te semble inscrit sur une liste et "favorisé" lui-même pour entrer au "paradis". Et ce faisant tu es près à vendre ton âme au diable et tu imagines aussi des êtres inscrits sur une liste, alors qu'ils ne le sont pas plus que toi. Finalement Diogène dans son tonneau est beaucoup plus sympathique que tout ça. En voyant les choses plus objectivement tu verrais que le prix d'être inscrit sur une liste est très élevé : la perte de l'essence de l'homme qui est son indétermination foncière au profit d'un "locus" particulier appelé "paradis" pour ceux qui sont avides de plaisirs et de sensualité. Quelle chance de ne pas être sur une liste, c'est le gage de la paix.

"Sinon, je serai curieux de lire les passages de l'Evangile qui seraient des appels au meurtre ?"
Ce n'est pas un passage particulier c'est l'ensemble qui conduit à ça : échange de la souffrance contre la béatitude, et non transmutation simultanée de la souffrance en béatitude. Toujours plus de sang pour toujours plus de plaisir. Le "Dieu-vrai" est comme les autres un Dieu jaloux qui ne supporte pas le partage. Il donne "tout" à son élu en échange de quoi il est un parfait serviteur. Et donc on voit tout de suite ce que ça implique dans les faits. Une fois de plus il n'y a qu'à suivre l'histoire pour voir le brillant résultat. Donc si tu te donnes à lui et tu ne peux te donner qu'entièrement, tes frères n'existent plus pour toi de fait. Il te videra de ton sang impur et mettra à la place son "précieux sang" et son "pain" (gouttes rouges et blanches), à la suite de quoi tu gagneras une place dans son paradis particulier. Mais le reste du multivers sera fermé et tu seras dans une antre au regard de l'infinité des mystéres, de laquelle il faudra peut-être sortir un jour.

Écrit par : Jean | 01/12/2013

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