04/12/2013

L'obscure clarté du néo-advaita (une correspondance de MisterT)

T:
Je me permets de vous écrire ce petit mot, car de nombreuses références de Maharaj illustrent votre site, ce que je peux comprendre, son enseignement étant des plus lumineux (et plus accessible que celui de Ranjit Maharaj par exemple).
Comment vous, dans votre vision, avez-vous intégré le résultat qu'en firent certains, notamment son traducteur Ramesh Balsekar ?

N:
Merci de votre présence sur le site, ce blog permet de mettre en relief ce qui pourrait bien être "ma vision" exprimée en mots; une façon de rendre hommage à ceux qui m'ont montré la Voie.
Quant à votre question, je ne suis pas sûre de bien la comprendre. Savez-vous qu'il y a un autre site *** ? celui-ci est le partage, au plus près, de Ce qui est vécu et que j'appelle LIBERTE :)
Après votre visite sur le blog, si des questions émergent, n'hésitez pas à m'écrire.

T:
Oui j'ai bien vu deux sites (lorsque j'ai reçu l'invitation pour vous écouter en satsang), je n'ai peut-être pas été clair quant à ma question.
Bien des gens expriment cette liberté propre à l'ultime, et ma question était votre opinion, sur les raisons qui pouvaient faire que certains, vivant à l'aune de ce dont vous témoignez et dont parlait magnifiquement Maharaj, puissent dans cette liberté manifester des comportements qui en sont manifestement l'opposé.
Ramesh Balsekar, ne décrit pas autre chose que ce que vous dites, Gangaji aussi par exemple, et Poonja, de même; ils ont chacun défrayé la chronique, en finalement estimant que le prarabda karma (résiduel) justifiait que leur corps et esprit agissent, mais qu'eux n'en étaient pas concernés (au point de vue du Soi).
Ma question était, en ce qui concerne votre expérience, la manière dont vous interprétiez ceci.
J'aurais pu avoir idée de vous poser une question plus personnelle, peut-être sera-ce plus tard.

N:
Je ne connais pas les raisons de tel ou tel comportements de tel ou tel enseignant, car voyez-vous il n'y en a aucune.
IL n'y a aucune raison à rien, c'est tout simple et c'est ainsi.
Nous faisons ce qui se fait, mais nous nous plaisons à croire que nous y sommes pour qq chose ...
L'individu veut bien des choses, des causes, des conséquences, un éveil sous une forme particulière et pas une autre ...etc
Blablabla
Une liberté sous certaines conditions, ou bien opposant certains comportements à d'autres, serait-ce la Liberté ?
Mais tout ceci est philosophie :)
Il y a bien plus important  : VOUS !!

T:
Merci de votre réponse,
Pour ma part les choses sont plus compliquées, en effet ainsi que vous pouvez le voir sur le site que je vous annexe (et pour autant que vous compreniez l'anglais), voici qui peut déjà différencier les approches :
Ramesh essentially teaches what has come to be called "neo-advaita" or "pseudo-advaita"—namely, that a cognitive realization of "the Truth" (that there is only Consciousness) utterly suffices, and so there is nothing to aspire toward, nothing to do, nothing to achieve. "Understanding is all," as Ramesh and other neo-advaitins have so often declared. Whatever happens in the dream of life is "God's will," beyond our responsibility. There are really no individuals or persons who could have "free will" or function as a "doer," and therefore no freedom from conditioning or bodily identification need be striven for or can ever be achieved through effort—unless it is God's will for this to happen!
In the view of Ramesh and other neo-advaitins, the world is but a Divinely predetermined mechanism playing out mechanistically, and "you" the personality are just a part of the functioning of this mechanism. "You" have no choice or free will about any of this. Que sera, sera. What will be, will be.
By contrast, both Nisargadatta and Siddharameshvar along with Ramana Maharshi and other "real Advaitin sages" taught a subtler, more nuanced view that involves the PARADOX of effort and Grace.
http://www.enlightened-spirituality.org/ramesh_balsekar.html

Je comprends bien tout ce que vous m'avez écrit, par expérience.
Pour autant, je n'en ai pas tiré les mêmes conclusions que vous, car même dans cette stabilisation (qui n'est pas la mienne, mon état de conscience est bien plus ordinaire), il reste un individu qui expérimente le prarabhda karma. Des actions sont faites, et l'on peut prétendre qu'elles appartiennent  à la conscience impersonnelle, il n'en demeure pas moins qu'il n'y a là pas de liberté pour le "body-mind" qui en est le jouet par participation.

Du point de vue absolu, il est évident que toutes les actions sont automatiques, se faisant par elles-même. C'est du point de vue de "Dieu" en tant que l'absolu qui transcende la ligne du temps (et qui peut s'y déplacer, dans le maintenant éternel). A chaque instant, peut être connu avec certitude par l'absolu, le résultat des différents choix qui sont faits par l'entité qui croît être ce qu'elle est. D'où par ces expériences d'éveil, la vision que tout est automatique, et que tout se fait par la conscience universelle, sans individu.

Nous sommes pourtant plus ou moins libres à chaque instant du temps, en dépendance de nos samskaras et de notre ré-intégration des énergies qui nous poussent à l'illusion (la liberté totale étant par essence le privilège de Dieu).
Voilà pourquoi rien ne s'est jamais produit (à la fin du parcours de l'entité), mais sur son chemin, il se produit quelque chose, par l'action de quelqu'un.
 
Pour dire ce que vous dites, ce doit être vécu que par une personne totalement libre (du point de vue de l'incarnation du body/mind, pas du Soi). Le corollaire en est de fait le sommeil conscient, antithèse absolue de l'état d'ignorance, et criterium indiscutable de l'état intégré de cette réalisation. D'où la différence entre Maharaj et ses continuateurs.

01:19 Écrit par Ry | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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